La charge mentale

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La notion est née dans les années 80 pour décrire l’intensification du travail et ses conséquences psychiques. Penser à tout, tout le temps, pour assurer le bon fonctionnement du foyer : la «charge mentale» pèse généralement plus lourd pour les femmes que pour leur conjoint.

C’est un revival que personne n’a vu venir. A la faveur d’une BD postée sur internet il y a quelques mois, la notion a refait surface, occupant toutes les conversations. En quelques jours, tout est devenu «charge mentale», cette élasticité cérébrale, bien connue des femmes, qui permet de penser et gérer dix mille choses à la fois, au bureau comme à la maison. Une disposition typiquement féminine ? Le problème est bien là. Dans la BD Fallait demander publiée en mai dernier, la dessinatrice Emma illustre cette situation avec justesse, en présentant une situation commune à bien des ménages : une femme, prise par ses nombreuses tâches, laisse déborder une casserole sur le feu. Son compagnon lui dit alors : «Fallait me demander, je t’aurais aidé !». Emma résume ainsi la situation : «Quand le partenaire attend de sa compagne qu’elle lui demande de faire les choses, c’est qu’il la voit comme la responsable en titre du travail domestique. C’est donc à elle de savoir ce qu’il faut faire et quand il faut le faire.»

Un enchaînement de tâches

Génératrice de stress, cette charge impose un travail permanent, épuisant et invisible. Pour jongler entre travail domestique, travail parental et emploi, tout en conservant une vie sociale, de nombreuses femmes sont forcées de s’organiser comme des professionnelles aux multiples compétences. C’est précisément cet enchaînement mental de tâches physiques que met à jour la dessinatrice Emma : je vais ranger un objet, sur le chemin je tombe sur une serviette sale que je vais porter dans le panier à linge sale qui est plein, je mets une machine en route, je trébuche sur un sac de légumes que je vais ranger dans le frigo et je vois qu’il n’y a plus de moutarde, je le note sur la liste de courses, et ainsi de suite.

  

Comment y remédier ?

Lorsque le sentiment de ne jamais avoir une minute à soi prend le dessus, que la vie se résume à de nombreuses obligations, le burn-out peut être proche. Une petite voix intérieure crie alors « stop », et il serait tout à fait bénéfique de l’écouter…

Pour commencer, il est important de déléguer afin de mieux répartir les tâches ménagères au sein du couple. Pour se faire, priorité à la communication, en privilégiant estime de soi et respect d’autrui. Il faut également apprendre à dire non, savoir lâcher-prise et accepter de ne pas être parfaite. L’idée est de passer un contrat avec soi-même, et d’en faire moins, tout simplement ! Faire des listes peut aussi être bénéfique. Attention, ces listes ne doivent pas être des contraintes. Elles servent à planifier finement sa semaine, jour après jour, y compris les corvées. Anticipées, limitées à un horaire précis, elles sont choisies, non subies… et n’occupent plus la tête.

Pratiquer un exercice inspiré de la méditation pleine conscience empêchera le cerveau de galoper. Tout exercice physique sera d’ailleurs le bienvenu, de même que les activités créatives (peinture, couture). En effet, pour un plein épanouissement, il faut définir ses besoins fondamentaux. Qu’est-ce qui me ressource le plus ? Courir, nager, méditer, lire, voir des amis ? Est-ce que j’y ai répondu aujourd’hui ? Autant de questions à se poser pour avancer…

Chez certaines personnes, la charge mentale peut à contrario, être un stimulant, les rendant plus efficaces. Pour ces personnes qui s’en accommodent très bien, pas question de ralentir… jusqu’à un certain point.

Texte : Jessica Lebrat
Illustrations extraites de la BD «Fallait demander» | © Emmaclit

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