Prévenir le burn-out

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Employé pour la première fois en 1974 par le psychiatre américain Herbert Freudenberger, le « burn-out » est considéré comme le mal professionnel de notre siècle. Et pour cause : les cas de burn-out, ou syndrome d’épuisement lié au travail, ne cessent de se multiplier…

Qu’est-ce que le burn-out ?

Il s’agit d’un état d’épuisement physique et psychique, qui fait le plus souvent suite à des mois ou des années de surmenage et de stress dans le cadre professionnel, entraînant un manque de motivation et de résultats. Il peut toucher n’importe quelle profession, du chef d’entreprise à l’ouvrier. En effet, dans la société actuelle, l’urgence est devenue un mode de vie. Une course à la performance qui mène à l’épuisement du corps. Cette fatigue de fond va avoir un impact sur le moral : doutes sur ses compétences, ses qualités, irritabilité, apathie…

La cause : un stress négatif prolongé

Le stress est naturel et vise à faire face aux difficultés. Il active l’hypothalamus, cette grappe de cellules nerveuses du cerveau qui régule les fonctions comme l’appétit et le sommeil. À son tour, l’hypothalamus stimule l’hypophyse, qui produit une hormone nommée ACTh. L’ACTh se retrouve alors dans le sang et active les glandes surrénales qui produisent à leur tour du cortisol. Ce dernier permet au corps de bien réagir au stress, en mobilisant globalement l’organisme et en exploitant son énergie pour faire face à la situation stressante. Jusqu’ici rien d’anormal, mais le problème réside dans la durée. Si le stress est constant, le cerveau continue de « commander » du cortisol dont l’usage est supposé être éphémère. Ce dérèglement gaspille les ressources du corps et conduit progressivement à une perte de motivation, d’énergie et de bien-être. A l’origine de ce stress constant, une trop forte charge de travail, une pression par rapport aux délais ou aux résultats, un manque de reconnaissance, des relations exigeantes avec la clientèle, une connexion continue grâce aux nouvelles technologies… ou encore une mauvaise communication entre collègues ou avec la hiérarchie. A tous ces facteurs peuvent s’ajouter les responsabilités familiales !

Des manifestations physiques, psychiques et émotionnelles

Elles peuvent être extrêmement variées : crampes d’estomac, troubles du sommeil, problèmes dermatologiques (allergies, psoriasis, démangeaisons), douleurs diffuses ou plus localisées (lombalgies, cervicalgies, tendinites), perte de concentration, migraines, malaises, vertiges, sentiment de découragement ou de tristesse, idées noires… Il s’agit alors d’un cercle vicieux, qui peut déboucher sur des conflits familiaux, des conduites dangereuses et une consommation accrue de substances nocives (alcool, médicaments).

Comment s’en prémunir ?

La prévention du burn-out, vise à éliminer, ou du moins réduire, le stress chronique. D’un point de vue individuel, le meilleur moyen est de donner au travail sa juste place. Il s’agit de prendre du temps pour soi et de pratiquer une activité physique régulièrement. L’idée est d’activer les mécanismes de détente. C’est aussi sortir, voir des amis, de la famille pour passer de bons moments, savoir «couper» en rentrant chez soi et ne pas consulter ses mails le weekend… A cela s’ajoute une bonne hygiène de vie : un sommeil réparateur et une alimentation de qualité. Dans le cas d’un burn-out pressenti ou avéré, la consultation d’un généraliste permettra d’établir un bilan de santé, d’identifier les causes des symptômes et de mettre en place si nécessaire, un arrêt de travail et une mise au repos plus au moins longue selon les cas. Mais cela ne suffira pas. L’idéal est de prendre du recul afin d’identifier les situations pesantes, pour ensuite tenter de les faire évoluer, seul ou avec l’aide d’un professionnel.

Texte : Jessica Lebrat – Photos : SHUTTERSTOCK

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