Les faux-aliments

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Selon le docteur Anthony Fardet, auteur du livre Halte aux aliments ultra transformés, les « faux aliments » occuperaient jusqu’à 50% de nos supermarchés. Ces produits industriels seraient entre autres, responsables des épidémies contemporaines comme le diabète ou l’obésité…

Qu’est-ce qu’un aliment ultra transformé ?

Le docteur Fardet se base entre autres sur les travaux du chercheur brésilien et spécialiste d’épidémiologie Carlos Monteiro qui distingue les aliments en plusieurs groupes − la classification NOVA.

  • Les aliments bruts ou peu transformés : parties comestibles des végétaux ou animaux
  • Les ingrédients culinaires : substances extraites du groupe précédent par des transformations physiques et chimiques (pressage, raffinage, meunerie, broyage..) ou provenant directement de la nature comme le sel, huiles végétales, farines, sel, sucres, vinaigre
  • Les aliments transformés : compotes de fruits avec seulement du sucre ajouté, viandes rouges ou blanches salées, conserves de légumes uniquement salées
  • Les aliments ultra-transformés : ils incluent une grande variété de substances − colorants, stabilisants de couleurs, arômes, édulcorants − et d’aides technologiques − la carbonatation, les épaississants, les agents de charges, les antimoussants, les agents antiagglomérants, les agents de glaçage, les émulsifiants, les séquestrants et les agents humectants. Ce dernier groupe correspond à « des inventions industrielles », des aliments fractionnés et recombinés, avec une longue liste d’ingrédients et d’additifs industriels, pour redonner goût, couleur et texture à un aliment qui les a perdu lors d’une transformation trop excessive. Nous les retrouvons partout, des céréales aux boissons, en passant par les plats préparés. Ces denrées sont les véritables ennemies de nos assiettes. Elles correspondent à des calories vides et n’ont aucune valeur nutritive.

Leurs impacts sur notre santé

Ces aliments dont la matrice a été déstructurée, sont généralement riches en calories, peu rassasiants et pauvres en nutriments protecteurs (fi bres, minéraux, vitamines…). Pour le spécialiste, «l’explosion des maladies chroniques dans les pays occidentaux a été concomitante avec l’arrivée massive de ces aliments dans les grandes surfaces depuis les années 1980». Etant, pour la plupart, hyperglycémiants : ils favorisent l’élévation du glucose dans le sang, donc la prise de poids et l’insulinorésistance. Le diabète de type 2 et l’obésité peuvent provoquer des maladies plus graves, comme certains cancers, des maladies hépatiques et des maladies cardiovasculaires. Pire encore, leur richesse en sel, sucre et gras, crée une forme de dépendance à ces produits, poussant le consommateur à en assimiler toujours plus.

L’importance du potentiel santé de nos aliments

Pour reconnaître les aliments ultra-transformés, il est important de lire les étiquettes et d’observer les packagings. Plus ces derniers semblent attractifs, plus ils peuvent être trompeurs, avec des mentions poussant le consommateur à croire qu’ils seraient bons pour la santé alors que c’est tout le contraire. Côté ingrédients, plus la liste est longue (supérieure à quatre ou cinq ingrédients/additifs) avec des noms inconnus, plus vous avez de chance d’être en présence d’un produit ultra transformé : pains et brioches industriels, barres chocolatées, biscuits apéritifs, boissons sucrées, nuggets, soupes instantanées, desserts aux fruits avec agents texturants et colorants, viandes avec nitrites et conservateurs, etc.

Ces produits ne doivent pas constituer la base de notre alimentation. Pour une alimentation saine, il est primordial de manger varié et d’augmenter sa ration de calories végétales. «Un repas sans produits végétaux n’est pas un bon repas. Il ne faut pas hésiter à réduire sa portion de viande et de poisson, sur le modèle du régime flexitarien», développe-t-il dans son livre. Pour cela, il recommande de manger chaque jour 5 fruits ou légumes peu transformés, c’est-à-dire préparés à la maison. «Si en plus, on les choisit bios, locaux et de saison c’est parfait pour soi et pour la planète», conclut-il.

Texte : Jessica LEBRAT – © Shutterstock

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