Les bains de Ravine-chaude

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« La source alimente un bassin rond empli d’eau chaude et ceinturé d’un fossé » .Partant des contreforts de la Soufrière, elle jaillit des profondeurs sous un arbre, par une excavation dont le sol est recouvert d’un sable vert. Cette fosse profonde de 4.50 mètre s’appelle « le bouillon ». Le paysage environnant est ceinturé de cacaoyers, d’arbres fruitiers, de cocotiers et de bananiers.

La Maison de Maître

L’Habitation du propriétaire et les dépendances situées en hauteur bénéficient d’une vue sur la campagne, la mer et la montagne. En 1802, elle est assaillie par un groupe de Marrons et son propriétaire Monsieur Juston, aidé de ses enfants soutient bravement l’attaque, en amassant dans l’escalier des dames jeannes (bonbonnes d’Antan servant à stocker le rhum) qu’ils cassent pour ralentir les assaillants et ensuite ouvrir le feu. Ces assaillants ne voient plus qu’une solution : incendier le logis afin de déloger la famille. Mais suite à la vaillance de celle-ci, le chef des insurgés déclare :* « Ne les brûlons pas ils sont trop braves pour être incendiés ! » et les assaillants quittent les lieux pour les bois alentours.

Analyses de l’eau en 1842

Dupuy, le pharmacien de Marine qui géra un temps le Jardin Botanique de Basse-Terre, effectue des analyses sur l’eau de Ravine-Chaude et découvre *« des chlorures de sodium et de calcium, celles des carbonates de soude et de chaux, de la silice et de l’alumine ». Ce serait une eau saline renfermant sulfates, nitrates, brome, fer et iode, azote et potassium, bénéfiques pour la santé.

Vers 1900 on part à Ravine-Chaude en « changement d’air », où les familles louent de modestes cases en bois. Sur le bassin au fond empierré et dont l’eau est à 33 °se dresse la maison réservée aux bains, séparée en deux : une partie pour les dames, l’autre pour les messieurs. Longue de 16 mètres pour 4.60m de large, de part et d’autre se trouvent des vestiaires.

La légende de la source

En 1924, un texte de Sainte-Luce Banchelin, paru dans « Les Colonies Françaises d’Amérique », relate une légende à l’origine de la découverte des vertus de l’eau de la source. Ce serait suite à l’examen d’un chien en piteux état, lequel se baigne régulièrement dans un canal où s’écoule l’eau de Ravine-Chaude. Au fil du temps, son maitre va voir disparaitre la gale, la tristesse et les rhumatismes qui affligeaient l’animal. Vers 1950, les gérants du lieu sont le couple Gigon et Monsieur Gigon y déambule, coiffé d’un casque colonial, surveillant le site et encaissant les quelques francs permettant l’accès aux bains.

Acquisition par la commune

Elle achète Ravine-Chaude en 1958, un premier centre est alors édifié puis restauré en 1991.La station ferme en 2005. Le 25 juillet 2016, après rénovation pour en faire un centre moderne, on ouvre l’Espace Thermo ludique René Toribio qui accueille un bassin de détente, un jacuzzi, un bassin pour la natation de 25 m dont l’eau fait entre 26 et°29°.

  • 1864, G.Cuzent « Eau thermo-minérale de la Ravine-Chaude du Lamentin (Guadeloupe) »
  • 1842, M. Dupuy : Recherches analytiques sur les eaux thermo-minérales et sur les eaux de sources et des rivières de la Guadeloupe. Basse-Terre.

Texte : Angel St-Benoit Photos : © DR

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