HABITATION TRIANON

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En 1645, Constant d’Aubigné est nommé Gouverneur de Marie-Galante. Sa fille, «  La Belle Indienne» future Madame de Maintenon, épousera Louis XIV. En 1648, une cinquantaine de colons Français débarque sur l’île, qui compte en 1667 cinq cent habitants. En 1669, l’Habitation Trianon équipée d’un moulin à bêtes broyant les cannes à sucre, est l’une des douze sucrotes fonctionnant sur l’île. En 1671, la moitié de la population est constituée d’esclaves, cinq ans plus tard, une flotte Hollandaise pille Marie-Galante et enlève ses habitants.

Nicolas Bonhomme

Ce Créole qui achète Trianon entre 1720 et 1746 décède prématurément avec son épouse ce qui oblige les tuteurs de leurs enfants à vendre la propriété. Dessinée dès 1769 sur la carte de l’île, elle est rachetée par Jean-Joseph Lacavé Fausse-cave. En 1785, elle est acquise par Paul Botreau Roussel, qui la développe et en fait la propriété Roussel- Trianon.

Entre 1792 et 1794, l’île est indépendante et l’esclavage est aboli par la Convention le 4 février 1794.

Le moulin

En 1800, on édifie près du parc à mulets, un majestueux moulin à vent, face à la balance, à l’usine et à la distillerie. Placé sur un soubassement en pierres de taille, ses murs et son sol sont en pierres calcaires et sa baie principale s’orne d’une étoile à huit branches.

La date  « An 8 Jan 1800 », est gravée dans un cartouche, au dessus des autres ouvertures, un cœur est gravé à l’identique. A l’extérieur, des canons à demi enterrés servent à bloquer des ailes désormais envolées.

En 1802, le premier Consul Bonaparte rétablit l’esclavage et en 1813, les fils de Paul  : Hildevert-Victor et Arsène, sont les nouveaux propriétaires de Roussel Trianon où le moulin est endommagé par le séisme de 1843.

Après l’Abolition de l’esclavage, le 27 Mai 1848, les nouveaux libres font tourner les usines. A Grand-Bourg-Ville on recense 796 affranchis et à Grand-Bourg-Campagne  : 3872. En 1855, Victor, le petit-fils fait édifier les écuries dans un bâtiment en briques aux fenêtres en ogives soulignées de pierres. A l’arrière, une mare permet aux bêtes de se désaltérer.

Cinq ans plus tard, il fait édifier une usine sucrière à vapeur, dotée d’une belle cheminée, dont l’intérieur est tapissé de briques réfractaires. L’usine aux appareils à triple effet commandés chez Derosne et Cail, produit du sucre raffiné entre 1861 et 1873.

La famille de Retz

Déjà propriétaire de l’usine de Grande-Anse, elle rachète Roussel-Trianon à Victor, en décembre 1873. Les machines de l’usine fonctionnent une année puis ferment au profit de celles de Grande-Anse. Les terres restent exploitées et l’ancienne maison de Maitre, en bois, non loin du potager, sert de logement au Géreur du Domaine.

De nos jours

De cette propriété il reste la plate-forme et le perron à double escalier de la maison de Maitre, la grande écurie devant la mare dans laquelle s’ébattent désormais des tortues Molokoï, la trace de la petite écurie et du moulin à bêtes, le moulin à vent non loin de ce qui fut le parc à mulets, les ruines de l’usine et sa belle cheminée, les vestiges de la balance.

La cheminée de l’usine et le moulin sont classés aux Monuments Historiques le 26 octobre 1981.

Texte & Photos : Angel Saint-Benoit

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