LA PLACE DE LA VICTOIRE

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Témoin au fil du temps d’évènements divers, elle est bordée de maisons coloniales et bâtiments historiques dont la Sous-Préfecture, ancienne caserne d’infanterie, Le baroque Théâtre Renaissance, inauguré en 1930, bâti sur les écuries Rennard aux chevaux importés d’Amérique du Nord et d’Argentine. Premier cinéma de l’île, les marchandes de douceurs.

L’ancien Presbytère, (1806), Pavillon de la Ville, est bâti sur un terrain qu’offre le 18 novembre 1788 Jacques Banchereau, (Inscrit aux Monuments Historiques en 1992).

Au centre, le kiosque à musique, redessiné en 1930 par l’architecte Corbin, le buste du Gouverneur Félix Eboué, fondu par Georges Guiraud et inauguré le 27 juin 1962, celui du Général Charles Victor Frébault, (1892) fondu par Ernest Guilbert, le Monument aux Morts, devant l’Office de Tourisme et la sculpture « Sang, chaines, 100 chaines, Sans Chaines » inaugurée le 28 mai 2003, œuvre du Guadeloupéen Jacky Poulier, dédiée aux prisonniers fusillés le 26 mai 1802 et aux victimes de la révolte ouvrière de mai 1967.

A la Darse, le Mémorial du 1er Jour, de l’artiste Indien Sahdev Sri Inderjeet, commémore l’arrivée en 1854 des premiers engagés Indiens. Erigé en 2004, devant être inauguré dans la foulée, l’évènement suite au séisme des Saintes a lieu en janvier 2005.

A la Révolution

Simple savane elle devient en 1770, la Grande Place, rebaptisée en 1775, Place Sartine, du nom du Ministre de la Marine et des Colonies, puis le 16 juillet 1794, Place de la Victoire, pour commémorer l’abolition de l’esclavage et la victoire de Victor Hugues sur les Anglais. On y plante des sabliers, « Arbres de la Liberté ».

Victor Hugues établi au Morne-à-Cail, dans sa Maison Nationale, baptise la ville Port de la Liberté, que les réactionnaires nomment : Pointe-à-Crimes.

La guillotine

Placée où se trouve de nos jours le buste de Frébault, un canal évacue le sang des suppliciés qu’exécute le bourreau Trinchard, jusqu’à la Darse. Parmi eux, le Curé Rousselet suivi de religieuses, monte à l’échafaud entonnant le psaume 116 : « Laudate Dominum ».

Le Tribunal Révolutionnaire accompagne la guillotine, amenée dans les communes sur une charrette. La population blanche paye un lourd tribut : des 9371 blancs recensés en 1790, il n’en reste que 1092 en 1795, dont 255 hommes. Le 6 juillet 1796, Mr de Bragelongne, est le dernier guillotiné.

En 1813, durant l’occupation Anglaise de deux ans, la place prend le nom du Gouverneur Britannique John Skinner. On la rebaptise en 1814 Place Royale, puis en 1815 de nouveau Place de la Victoire.

Décollage d’un aéroplane

En 1911, un petit avion fabriqué par Jérôme Restan, mécanicien à l’Usine Darboussier est amené sur la place. Il décolle sous les yeux ébahis des badauds, survole la Darse, mais une des ailes se brise et il tombe à l’eau. Le pilote en sort indemne, Le Nouvelliste titre avec humour : Restan reste en plan. En 1927, un second avion se pose sur la place.

La Darse face à l’îlet Cochon, abrite la première pompe à essence de l’île. En janvier 1936, le Latécoère 521, « Lieutenant de Vaisseau Paris », long de 31.62 mètres, transportant 72 passagers, s’y pose.

De nos jours, la Place toujours aussi fréquentée, agrémentée de jets d’eau, sert de lieu de spectacles.

Texte & Photos : Angel St-Benoit

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