KAJOU « TÉMOIGNER POUR UNE PRISE DE CONSCIENCE »

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Kajou, illumine de son sourire bienveillant les quartiers de la Basse-Terre où il aime à se promener au gré des marchés, des foires, des salons. Cet artisan d’art travaille le bois, depuis plus d’une trentaine d’années, s’inspirant de son propre parcours de vie et de son profond ancrage à la terre.

C’est dans sa maison de Gourbeyre que nous l’avons rencontré. L’artiste vit sur le site de l’ancienne habitation Grand Camp, lieu de son enfance qu’il affectionne tout particulièrement. Une sensation d’apaisement vous envahit à l’entrée de sa demeure où cohabitent orchidées, fougères et animaux de compagnie. L’optimisme et la simplicité de Kajou, qui remplit ses journées entre ses activités artistiques et le jardinage, transpirent au travers de son environnement personnel et de son travail artistique.

Kajou a découvert le travail du bois, sans pour autant s’y intéresser réellement, aux côtés de son père qui sculptait des statuettes. C’est vers l’âge de 24 ans, alors qu’il a choisi le métier de plombier, qu’il prend soudain conscience de la valeur symbolique du bois. Le déclic a lieu lorsque son frère lui fait remarquer que les pièces de bois qu’il jette au feu pourraient avoir une autre utilité.

À partir de ce jour, il s’adonne à la transformation du bois en choisissant toutefois deux expressions bien distinctes. Il réalise des œuvres monumentales mais également des ustensiles de cuisine en bois de poirier et de fougères de diverses tailles et pour tout usage dont il fait commerce lors des salons et des foires où il expose.

Quant à ses sculptures monumentales, réalisées en acajou, elles constituent des pièces uniques patiemment poncées et polies qu’il conserve précieusement à son domicile. Certaines de ses pièces ont nécessité jusqu’à trois années de labeur avant de prendre leur aspect définitif, voire sept ans pour l’imposant fauteuil. Après leur avoir attribué un contour, Kajou les ornent de divers motifs avec une précision chirurgicale. L’artiste reconnaît n’avoir aucune idée de ce qu’il adviendra du bois lorsqu’il prépare une nouvelle pièce. Il s’agit pour lui d’un moyen de transformer ses propres émotions afin de garder une trace de la mémoire de son enfance, telle une lecture spirituelle.

On remarquera cependant l’esprit pragmatique de ses réalisations qui consistent à créer principalement des tables, des chaises, des bancs et un magnifique transat finement ciselé. Si vous lui demandez le prix d’une de ses pièces monumentales, Kajou vous répondra qu’elles ne sont pas à vendre. Il souhaite les léguer aux générations futures afin d’éveiller leur conscience car ses sculptures représentent une partie de l’histoire de l’Habitation où il réside toujours, tel le témoignage d’un passé empreint de souffrances et de joies.

L’artiste a d’ailleurs un grand projet qui lui tient à cœur : Trouver le moyen de préserver le site de l’Habitation Grand Camp connue également sous l’appellation d’Habitation Lagarde. Cette ancienne sucrerie datant du XVIIe siècle appartenait alors aux frères de la Charité. Aujourd’hui, subsistent encore quelques vestiges dont l’escalier menant à l’Habitation, la cheminée et le moulin.

Si vous souhaitez rencontrer Kajou, n’hésitez pas le joindre aux 0590 92 32 87 ou 0690 57 10 81. Il exposera au salon Guadeloupe Prestige qui se déroulera les 5 et 6 avril prochains à Bouillante.

Texte : Chrisitne Morel
Photos : © Simax-Communication

 

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