DE LA LUMIÈRE À L’ÉLECTRICITÉ…

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Le potentiel solaire de nos régions représente une réelle opportunité à saisir pour répondre aux enjeux écologiques actuels et, entre autres, faire face à la demande croissante en énergie.

Les priorités d’action de l’État dans le domaine de l’énergie sont fixées par le ministère de la transition écologique et solidaire. Elles visent à parvenir à une neutralité carbone d’ici à 2050, au plan national, en participant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’objectif étant de limiter l’utilisation d’énergies fossiles émettrices de carbone en les remplaçant par les énergies renouvelables. Des programmations spécifiques sont applicables dans les régions outre-mer ou encore en Corse.

Les Programmations Pluriannuelles de l’Énergie (PPE) de la Martinique et la Guadeloupe ont pour dessein d’atteindre les 50 % d’énergies renouvelables dans leur mix énergétique et de parvenir, en 2030, à une autonomie énergétique en valorisant prioritairement toutes les ressources locales de chaque île (photovoltaïque, biomasse-déchets, éolien, géothermie, énergie des mers, hydraulique …).

Les mix énergétiques des îles de la Guadeloupe et de la Martinique sont quasi similaires avec respectivement 22,5 % et 24 % d’énergies renouvelables en 2019 (dont 6 % et 7 % de photovoltaïque). La Guyane a, pour sa part, déjà atteint les 50 % d’énergies renouvelables.

Avec une énergie solaire quotidienne moyenne d’environ 4 000 Wh/m2, les deux îles soeurs disposent d’un potentiel considérable et inépuisable disponible quasi chaque jour de l’année : le recours aux panneaux solaires s’avère une évidence pour nos départements avec de telles conditions d’ensoleillement (1 400 heures par an). Grâce au soleil, nous sommes en mesure de disposer d’une énergie non polluante, économique et facilement transformable au moyen d’équipements photovoltaïques de plus en plus performants. D’autant que ce type de technologie évolue sans cesse vers plus de fiabilité, de robustesse et une simplification de sa mise en oeuvre.

La toiture constitue l’emplacement le plus adapté pour cette installation mais les surfaces planes sont désormais exploitables : le modèle de revente au réseau permet de les équiper quelle que soit leur orientation et participe ainsi à la démocratisation de ce modèle de production d’électricité. L’orientation Sud reste, par contre, primordiale pour l’installation d’un chauffe-eau solaire. Les panneaux sont posés sur la toiture et fixés sur un châssis. Ils ne font l’objet que d’une déclaration préalable en mairie. Les modules, proposés par un installateur, doivent répondre aux normes NF en vigueur relatives au type de matériau utilisé et à sa sécurité de fonctionnement. Ils doivent également disposer d’une garantie du constructeur. En règle générale, les constructeurs annoncent une baisse maximale d’efficacité de 20 % après 20 ans. L’ADEME recommande de faire appel à un professionnel qualifié RGE. Pour obtenir cette mention, les entreprises s’engagent dans une démarche de qualité. Elles sont soumises à une exigence de compétences professionnelles, techniques et financières pour la réalisation des travaux avec la garantie que l’entreprise est inscrite au Registre du Commerce ou au Répertoire des Métiers et qu’elle dispose d’une assurance.

La transformation des rayons du soleil en électricité

L’effet photovoltaïque repose sur des matériaux semi-conducteurs tels que le sélénium et le silicium. Ces derniers libèrent des électrons au contact de la lumière du soleil et génèrent de l’électricité sans nuisance sonore, ni mécanisme. Les composants électroniques à base de silicium, contenus dans les cellules photovoltaïques, transforment l’énergie solaire en courant électrique. Ces cellules sont elles-mêmes placées dans des panneaux protégés par plusieurs couches de protection transparentes. Une installation photovoltaïque implique le recours à un onduleur qui a pour fonction de transformer le courant produit en courant alternatif identique à celui du réseau EDF. L’onduleur, disponible sous plusieurs formes selon
l’installation, dispose d’une durée de vie moyenne de 10 ans de nos jours. L’électricité photovoltaïque constitue une option intéressante pour les professionnels mais également en termes de production personnelle pour les foyers antillais. Bénéfique pour les générations futures, ce type d’installation contribue au virage de la transition énergétique du territoire et favorise la création d’emploi locaux.

Consommer ou vendre l’électricité produite ?

Vous disposez de trois options ; l’autoconsommation totale (qui implique la mise en place de batteries), la revente de l’électricité produite ou bien un mix des deux ; vous consommez une partie de la production et le surplus est injecté dans le réseau. Ce choix va déterminer le type de raccordement et le coût de l’opération. Sachez qu’une fois l’option choisie, il n’est pas possible de changer d’avis, du moins le temps de la durée du contrat qui vous engage (20 ans). Depuis 2017, EDF est dans l’obligation d’acheter l’énergie que vous produisez sous réserve de disposer d’une installation répondant aux critères d’implantation. Vous êtes ainsi assuré de pouvoir revendre votre production. L’investissement peut être rentabilisé sur 10 à 12 années. Ces revenus sont soumis à l’impôt pour les installations dont la puissance est supérieure à 3 kW (soit environ 25 m2 de panneaux installés). De plus en plus de professionnels, à l’instar de grands groupes implantés localement, de collectivités … font le choix de l’autoconsommation en installant des panneaux photovoltaïques sur les toitures de leurs enseignes. Ces actions s’opèrent avec le soutien financier de l’Europe et de l’Ademe. Des entreprises spécialisées dans le solaire permettent d’intégrer toutes étapes du projet entre l’étude de faisabilité, le dimensionnement, la recherche des financements, la construction, l’exploitation et la maintenance.

La valorisation de toiture, une source de revenus supplémentaire

Le principe est simple et sans aucun investissement de la part du propriétaire : des panneaux photovoltaïques sont posés au frais d’un producteur d’énergie photovoltaïque. En contrepartie, ce dernier verse au propriétaire un loyer annuel fixe pendant la durée de location qui est de 20 ans. L’exploitation et la maintenance restent à la charge du producteur. Les revenus de loyer ainsi générés, selon la surface disponible en toiture, peuvent correspondre au montant de votre propre consommation d’électricité, de votre taxe foncière …

Contrairement à l’autoconsommation, la revente au réseau sous forme de valorisation de toiture n’implique pas la mise en place de batteries et permet d’optimiser toutes les surfaces disponibles. Sur ce modèle, la rentabilité pour le propriétaire est immédiate via les loyers perçus, sans aucun investissement et l’impact énergétique sur le département demeure accru. C’est aujourd’hui le modèle le plus répandu sur les deux départements.

Une filière vectrice d’emplois locaux

Le développement des énergies renouvelables s’inscrit comme un secteur porteur d’emplois. Selon l’ADEME, les énergies renouvelables ont permis la création de 79 000 postes en 2017 en France. L’énergie solaire en autoconsommation y tient une place prépondérante grâce, notamment, aux innovations technologiques qu’elle induit. 75 % des emplois liés à l’énergie solaire sont des emplois locaux non délocalisables.

Le secteur du photovoltaïque regroupe de nombreux corps de métiers entre les bureaux d’études, les commerciaux, les services de pose et de maintenance (électriciens, couvreurs, charpentiers, ferronniers…), les équipes financières et administratives … Et l’essor devrait se poursuivre pour atteindre les objectifs d’autonomie d’énergie fixés par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie d’ici à 2030. Dans l’union européenne, les emplois liés à l’énergie solaire devraient doubler en 2021 par rapport à l’année 2016. (Chiffres EY & Solar Power Europe).

À savoir :

  • Contrairement à l’idée reçue, les panneaux photovoltaïques en fin de vie sont recyclés y compris leurs cadres à hauteur de 94,7 % (via le circuit PV Cycle auquel doivent souscrire les installateurs et producteurs par le biais de leurs fournisseurs).
  • Un module en fonctionnement ne génère aucun impact sur l’environnement.
  • L’énergie utilisée pour fabriquer un panneau est compensée entre 1 et 3 années d’utilisation alors que sa durée de vie moyenne est de 25 ans.
  • 1 m2 de panneau installé évite le rejet de 200 kgs/an de CO2.
  • L’installation doit faire l’objet d’une déclaration auprès de votre compagnie d’assurance.

Texte : Christine Morel

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