La Maison des Gouverneurs à Saint-Denis

par Megane

La Maison des Gouverneurs, trésor imprenable des hauts de Saint-Denis

Direction les hauts de Saint-François à la découverte d’une demeure d’exception : elle a servi de résidence aux gouverneurs à la fin du XIXème siècle. Une maison dont l’essentiel des matériaux a été importé de métropole, mais qui affirme fièrement sa conception créole.

A quelques minutes du Domaine de Beaubassin que nos lecteurs connaissent bien, il faut connaître son emplacement précis pour dénicher la Maison des Gouverneurs, bien enchâssée dans l’enceinte de verdure qui l’entoure. Assurément un endroit stratégique, comme l’a bien saisi la colonie qui acquiert le domaine en 1860, correspondant à une partie de la propriété d’un certain Emile Le Dauphin : à proximité et en surplomb du lieu du pouvoir, la Préfecture et la zone économique majeure que représente le port de débarquement des marchandises au Barachois. 

Après avoir consolidé le terrain, il s’agit d’y installer la bâtisse qui accueillera la résidence des gouverneurs. La solution est offerte à la colonie par un propriétaire et industriel à Sainte-Rose, Louis Victor Louvart de Pontlevoye ; attiré par un modèle de maison lors d’un de ces voyages en métropole, il soumet l’idée, adoptée en 1861. A l’exception de la maçonnerie, les éléments constitutifs sont ainsi acheminés par bateau jusqu’à La Possession avant un débarquement à Saint-Denis et la destination finale de Saint-François.

« Et voilà la première maison en kit de La Réunion », annonce avec un sourire le fils du propriétaire actuel, Stéphane, qui assure la visite et nous apprend que la structure est en acier, y compris la charpente. Autre matériau remarquable, la fonte, celle des quatre fins pylônes (deux en façade avant, deux à l’arrière) qui encadrent la maison.

« C’est une maison qui reste d’inspiration créole dans sa confection. Une case de changement d’air à l’image de celles qui étaient à la mode à l’époque et où l’on se posait notamment pour se protéger des fortes chaleurs des bas. » On se plaît en effet à retrouver les codes de l’architecture créole, le couloir circulant, le plafond d’ailleurs particulièrement haut, même pour une maison créole (quasiment 5 mètres), un vide sanitaire qui permet de réguler la température et l’humidité…

Ce dernier comprend huit poutres en bois de fer (il faut se représenter que chaque poutre a nécessité un arbre en entier) en soutien.

Une maison symétrique et chapeautée d’une toiture en zinc rouge. A l’intérieur, on est séduit par ces touches savoureuses de la douceur de vivre créole : le parquet en bois de natte et ces meubles en bois de tamarins ou en bois de rose, certains d’inspiration indo-anglaise. 

« Nous avons la chance de compter deux meubles d’angle laissés par les anciens propriétaires : des meubles inscrits au registre du Patrimoine, de même que deux chaises cannées. 

Pour l’anecdote, tous les meubles de ma grand-mère ont été pour leur part fabriqués dans les ateliers attenant à l’usine du Gol. Mon arrière-grand-père était en effet directeur de l’usine. » Des souvenirs d’enfance, Stéphane Tardif en a forcément, lui qui est né à la Montagne mais est arrivé dans cette maison du Patrimoine à l’âge de 10 ans, quand ses parents (qui y vivent encore aujourd’hui) l’ont acquise en 1985. On ne peut rêver meilleur guide pour partir sur la trace de ses trésors ; la suite de la visite promet d’ailleurs d’autres merveilles, passé le seuil de la véranda, le jardin et un impressionnant parc boisé nous attendent. Pour les rejoindre, on emprunte l’une des deux volées d’escaliers qui flanque la villa, un ajout du début du XXème siècle, comme nous le confirme une lithographie de Louis-Antoine Roussin sur laquelle on aperçoit, à la place, l’escalier droit d’origine.

Un foisonnement d’arbres : canneliers, eucalyptus, cerisiers du Brésil, manguiers, bananiers, camphriers… et de (très grands) filaos : avant la construction de la maison : la colonie avait planté dix mille pieds sur le terrain ! Dépaysant, assurément.

Pouss’ le baro…

Cette maison inscrite au Patrimoine historique depuis 2016 est ouverte à la visite le deuxième samedi du mois ou sur rendez-vous.

La Maison des Gouverneurs est sur la liste du Passeport des Demeures Historiques de La Réunion, au côté d’autres demeures « habitées, incarnées et protégées ».  Dans la grande famille de l’association Demeure Historique qui recense des propriétaires privés de demeures d’exception de toute la France, les propriétaires de la déclinaison locale du Passeport dans l’île vous convient d’ores et déjà : « Pouss’ le baro, entre à zot ». N’attendez plus.

Texte et photos : Corine Tellier 

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