UNE MAISON DANS LA COLLINE

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« Aucune maison ne devrait jamais être sur une colline ou sur quoi que ce soit. Elle devrait être de la colline. Lui appartenant. Colline et maison doivent vivre ensemble, chacune faisant le bonheur de l’autre. » Franck Lloyd Wright

Cette maison, ne dispose pas de vue, elle est au bout d’un lotissement et crée son propre espace, son lieu de vie. Elle est sur trois niveaux et s’enroule comme une coquille d’escargot autour de sa piscine. Telle une architecture organique, elle vient s’insérer dans un terrain en pente et se développe à partir de son site comme une plante nait d’une graine.

LA CONCEPTION

L’insertion dans le terrain a été faite avec une grande précision au niveau des terrassements et la maison semble avoir toujours fait partie de l’endroit, d’en être issue, d’y avoir été plantée comme un arbre, d’y avoir poussé, d’en avoir été sécrétée. Quand on s’approche de la maison, son sous-sol est parfaitement dissimulé et ne se découvre que quand on est à hauteur du garage. En effet le terrain naturel a été conservé en partie avant et constitue une butte plantée et arborée. Ainsi les plantations ombragent et protègent la maison autant qu’elles la dissimulent et n’émergent de tout cela que les combles de dimensions raisonnables constituées de deux chambres et de leurs salles de bains privatives. Ainsi cette maison de 4 chambres, qui comprend par ailleurs un garage pour deux voitures, une lingerie, un bureau et fait plus de 300 m2, semble n’être qu’une petite villa créole d’un seul niveau.

LA PISCINE 

Elle se situe au rez-de-chaussée mais ses parois forment celles du sous-sol pour le garage et la chambre. Autour d’elle, s’organise un deck sur lequel donne le séjour. Dans cet espace on trouve des jardinières, de petits escaliers, un espace barbecue situé sous le vent. Ainsi on peut y organiser des après-midis ou des soirées, on est en quelque sorte à la plage. La cuisine est largement ouverte sur la véranda et forme un bar. Les toitures font un jeu d’ombres et de lumières, et parfois s’écartent pour laisser passer les multipliants des jardinières. Côté ouest un large escalier permet de descendre dans la piscine ou de s’asseoir pour discuter. C’est un lieu convivial, qui propose des espaces variés, intimes ou ouverts, ensoleillés ou abrités.

L’idée a été de faire cette maison en harmonie avec le site dans lequel elle devait s’insérer. J’ai pu appliquer là les principes de l’architecture organique chers à Frank Lloyd Wright (1868-1959) dont l’exemple le plus aboutie est « la Maison de la cascade ». De manière plus modeste, j’ai cherché dans ce projet à faire de cette maison une composition unifiée et imbriquée dans son environnement, comme si elle était née de la rencontre entre ses propriétaires, son terrain et son architecte, à la manière d’un organisme vivant. Il y a aussi, au pied de la colline, un bouquet de bambous que nous avons conservé, rivière de feuilles et d’oiseaux, qui crissent dans le vent, chantonnent sous la brise et participent eux aussi à faire prendre vie au bâtiment.

Texte & Illustrations : © Michèle Robin-Clerc

Michèle Robin-Clerc

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