Lorsque l’hiver s’installe au Québec, la Guadeloupe offre un contraste presque parfait : chaleur tropicale, mer des Caraïbes et végétation luxuriante. Mais au-delà de l’image classique des vacances au soleil, une partie de l’archipel possède des caractéristiques particulièrement susceptibles de séduire les voyageurs québécois : la Côte-sous-le-Vent, sur la façade occidentale de Basse-Terre.
Il n’existe pas, à ce jour, de statistique publique isolant précisément les Québécois séjournant sur cette seule partie de la Guadeloupe. En revanche, la progression de la clientèle canadienne dans l’archipel est bien réelle. En 2025, les nuitées hôtelières des visiteurs en provenance du Canada ont progressé de 13,4 %. Au premier trimestre 2026, les Canadiens ont encore généré 16 400 nuitées supplémentaires par rapport à l’année précédente. L’Insee relie notamment cette dynamique au développement des liaisons aériennes avec le Canada.
Une destination francophone au cœur des Caraïbes
Pour un Québécois, la Guadeloupe possède d’abord un avantage évident : on y parle français.
Cette proximité linguistique facilite tout, depuis la réservation d’un hébergement jusqu’aux échanges avec les commerçants, restaurateurs, professionnels de santé ou prestataires touristiques. Pour les voyageurs qui souhaitent séjourner plusieurs semaines, voire plusieurs mois, cette facilité prend encore davantage d’importance.
La Côte-sous-le-Vent ajoute à cette familiarité une culture profondément antillaise. On retrouve la langue française, mais dans un environnement créole, avec sa gastronomie, ses marchés, sa musique, son patrimoine et son propre rythme de vie.
C’est précisément cette combinaison qui peut séduire : se sentir immédiatement à l’aise sans avoir l’impression d’être resté chez soi.
Des liaisons aériennes qui rapprochent le Québec de la Guadeloupe
L’accessibilité constitue probablement l’un des principaux moteurs du développement de cette clientèle.
Air Transat commercialise actuellement des vols entre Montréal et Pointe-à-Pitre, avec une programmation variant selon les saisons.
À cela s’ajoute une évolution particulièrement intéressante : Air Canada a annoncé pour l’hiver 2026-2027 une liaison sans escale Québec–Pointe-à-Pitre, programmée une fois par semaine du 17 décembre 2026 au 8 avril 2027.
Pour une clientèle cherchant à échapper à l’hiver québécois, le rapprochement aérien de la Guadeloupe change naturellement la perception de la destination.
La Côte-sous-le-Vent : une autre façon de vivre la Guadeloupe
Grande-Terre concentre une part importante de l’offre balnéaire et hôtelière traditionnelle. La Côte-sous-le-Vent propose une expérience différente.
De Deshaies à Bouillante, en passant par Pointe-Noire et les communes situées plus au sud, les paysages associent mer des Caraïbes, relief montagneux et végétation tropicale.
À Deshaies, le village, les plages et le Jardin botanique créent un environnement particulièrement recherché pour les séjours paisibles. Grande-Anse figure parmi les plages emblématiques de la Guadeloupe et le Jardin botanique constitue l’un des grands sites paysagers de la commune.
Plus au sud, Bouillante bénéficie d’un autre atout majeur : Malendure et les îlets Pigeon, au cœur de la célèbre Réserve Cousteau. Plongée, snorkeling, kayak et observation de la faune marine y constituent une véritable destination dans la destination.
Un territoire qui se prête aux séjours plus longs
La Côte-sous-le-Vent n’est pas uniquement une destination pour passer quelques jours à l’hôtel.
Elle se prête particulièrement bien à une autre forme de tourisme : la location d’une maison, d’un bungalow ou d’un appartement pendant plusieurs semaines.
Pour des retraités ou des télétravailleurs québécois, cette manière de voyager peut être particulièrement attractive. On ne vient plus seulement « visiter » la Guadeloupe : on y adopte temporairement un mode de vie.
Faire ses courses, aller au marché, retrouver le même café, découvrir les producteurs locaux, disposer d’une terrasse ou d’un jardin et vivre au rythme de la commune transforme complètement l’expérience.
C’est probablement sur ce terrain que la Côte-sous-le-Vent dispose de l’un de ses plus beaux potentiels.
L’attrait d’une Guadeloupe encore très naturelle
La clientèle québécoise entretient traditionnellement une forte relation avec les grands espaces et les activités de pleine nature.
Sur ce point, Basse-Terre dispose d’arguments puissants.
Mer, forêt tropicale, randonnée, cascades, relief volcanique, plongée, jardins tropicaux et patrimoine créole peuvent être combinés au cours d’un même séjour.
La Côte-sous-le-Vent permet ainsi de profiter de la mer sans renoncer à l’intérieur montagneux de Basse-Terre.
Cette diversité peut séduire les visiteurs qui recherchent davantage qu’une succession de journées sur une plage.
Deshaies, un village particulièrement séduisant
Deshaies mérite une place particulière.
Son petit bourg tourné vers la mer, ses restaurants, ses plages et sa végétation lui donnent une atmosphère différente de celle des grands pôles touristiques.
Grande-Anse, La Perle et le Jardin botanique constituent autant de points d’attraction. Le village bénéficie également d’une notoriété internationale grâce au tournage de la série Meurtres au paradis, dont plusieurs décors sont devenus des lieux visités par les touristes.
Pour des Québécois cherchant à séjourner plusieurs semaines dans un environnement à taille humaine, ce type de commune peut constituer une alternative intéressante aux stations balnéaires plus denses.
Et pourquoi pas une résidence secondaire ?
L’étape suivante est naturellement immobilière.
Lorsqu’un visiteur revient chaque hiver au même endroit, la question peut se poser : continuer à louer ou acheter ?
Pour certains Québécois disposant d’une capacité d’investissement et souhaitant passer plusieurs semaines par an sous les tropiques, une maison ou un appartement en Guadeloupe peut devenir à la fois un lieu de résidence saisonnière et, selon le projet, un bien susceptible d’être loué pendant les périodes d’absence.
Il convient évidemment de ne pas présenter l’achat immobilier comme une décision purement touristique. Fiscalité, financement, assurance, entretien sous climat tropical, gestion locative et règles applicables aux propriétaires non-résidents doivent être étudiés au cas par cas.
Mais l’attractivité touristique constitue souvent la première étape d’une réflexion patrimoniale plus longue.
Le Québec et la Côte-sous-le-Vent : une rencontre assez naturelle
Au fond, le rapprochement repose sur une série de complémentarités.
D’un côté, un hiver québécois long et rigoureux. De l’autre, une destination tropicale francophone relativement accessible.
D’un côté, des voyageurs habitués à la nature et aux grands espaces. De l’autre, une côte où la mer des Caraïbes côtoie la forêt tropicale et les reliefs de Basse-Terre.
Et surtout, la Côte-sous-le-Vent offre quelque chose que recherchent de plus en plus de voyageurs : la possibilité de ne pas simplement passer des vacances, mais de vivre quelque temps ailleurs.
C’est peut-être là que réside son principal pouvoir de séduction auprès des Québécois.
Patrick de Larroche
Fondateur de Maisons Créoles
Conseiller en immobilier · Maisons Créoles Immo — eXp Realty France
J'ai fondé Maisons Créoles il y a trente ans pour raconter l'architecture et l'art de vivre des Antilles. Aujourd'hui, j'accompagne ceux qui souhaitent y acheter ou y vendre — en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy.
Carte professionnelle T · Certifié Global Marketing Agent · Estimation et conseil sans engagement




