LE TRAITEMENT DE L’EAU

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La terre, recouverte à 70 % par les océans, mérite ainsi son appellation de planète bleue. Toutefois l’eau douce, essentielle à la survie et au développement de tout type d’organisme dont celui de l’être humain, n’est présente qu’à hauteur de 3 %.

Toute cette eau est stockée en grande majorité dans les calottes polaires, les glaciers, les profondeurs de la terre. Ainsi, en réalité, nous n’avons accès qu’à 1 % de cette eau qui se raréfie sous l’effet du changement climatique.

Un être humain a besoin de 20 à 50 litres d’eau au quotidien entre sa consommation, l’hygiène, le nettoyage, la cuisine…

Après sa captation en milieu naturel, l’eau ne devient propre à la consommation humaine qu’après plusieurs étapes. Elle n’est distribuée dans les circuits d’eau potable qu’après une série de traitements opérés en usine.

Les étapes de transformation d’une eau brute en eau potable

Le dégrillage et le tamisage permettent de filtrer les débris les plus importants. L’oxydation a pour objectif de faciliter l’élimination d’une charge organique élevée, du fer, de l’ammoniaque ou du manganèse. L’étape de la clarification s’effectue grâce à des produits floculants et coagulants ; les particules en suspension s’agrègent et s’accumulent en couches au fond du bassin de décantation. L’eau devient limpide après un passage par des filtres minéraux ou des membranes. La désinfection, à base de chlore, élimine les bactéries présentes dans l’eau. Le chlore est utilisé également plus en aval pour prévenir tout développement bactérien dans le circuit d’eau. Si un type de pollution spécifique est détecté, d’autres traitements peuvent être appliqués ponctuellement pour y remédier. L’eau est ensuite acheminée jusqu’à des châteaux d’eau ou des bâches pour y être stockée avant d ‘être à nouveau transportée, par les canalisations, jusqu’à nos robinets.

La fourniture d’une eau de bonne qualité constitue une priorité pour les pouvoirs publics et une préoccupation de la part de la population. Ainsi, avant de parvenir potable et limpide à nos robinets, l’eau du réseau public subit plusieurs traitements.

Des contrôles réguliers sont effectués lors des différentes étapes du traitement, des points de captage jusqu’au robinet. L’analyse de l’eau « brute » après son captage permet ensuite d’appliquer le traitement de potabilisation approprié. En parallèle, des prélèvements sont réalisés par l’ARS (Agence Régionale de Santé) et l’Institut Pasteur. Leurs résultats sont communiqués aux communes et aux particuliers de façon annuelle via leur facture d’eau. Ils sont aussi disponibles pour chaque commune sur le site de l’ARS de chaque département (www.guadeloupe. ars.sante.fr & www.martinique.ars.sante.fr). La surveillance de la qualité des eaux de loisirs (rivières, mer, piscine) fait également partie de la mission de l’ARS.

Consommer l’eau du réseau public

Pour des raisons économiques, pratiques et/ou écologiques, les Français sont de plus en plus nombreux à abandonner l’eau en bouteilles au profit de l’eau du robinet. Forts de ce constat, les fabricants ont développé des systèmes de filtration qui permettent de disposer d’une eau du réseau public mais de qualité supérieure. Cette filtration à domicile se présente sous forme de filtres à fixer directement au robinet, de cartouches à brancher sur la canalisation, de carafes ou encore de fontaines filtrantes ou purifiantes reliées au réseau public. La carafe filtrante constitue l’élément nomade le plus pratique puisqu’elle ne nécessite aucune installation ; le purificateur, qui contient les filtres à remplacer régulièrement, est intégré à la carafe. Sur le même principe, les filtres qui se fixent sur la bague du robinet destinés à purifier jusqu’à 1 200 litres d’eau, sont simples à installer. D’autres modèles se branchent sous l’évier pour traiter l’eau avant qu’elle ne passe par le robinet. Certains sont dotés de leur propre robinet afin d’utiliser l’eau filtrée uniquement pour la consommation pour une utilisation optimale. Quant aux fontaines (sans bonbonnes) raccordées au réseau, leur technologie permet de bénéficier d’une eau pure tempérée, froide ou chaude voire gazeuse tout en la débarrassant du chlore, des particules et des contaminants.

L’assainissement, un enjeu sanitaire

Les eaux usées, riches en matières organiques, en effluents agricoles et industriels doivent passer par une étape d’épuration avant d’être rejetées dans la nature. Ces substances sont sources de pollution des eaux souterraines et en surface qui constituent les points de captage du réseau public. C’est pourquoi, les rejets domestiques provenant des habitations doivent faire l’objet d’un traitement avant d’être rejetées dans le milieu naturel afin de préserver l’environnement et la santé publique. Conscients de l’impact des rejets illégaux dans la nature, les pouvoirs publics ont fait évoluer la législation en termes d’assainissement des eaux usées.

En l’absence d’un raccordement au réseau public d’assainissement (tout à l’égout), chaque habitation doit être dotée d’un système d’assainissement individuel (fosse toutes eaux). Plus de la moitié de la population de Martinique et de Guadeloupe est raccordée à un dispositif d’assainissement non collectif.

A savoir : Les fosses septiques interdites en France. Ce dispositif destiné à recevoir uniquement les eauxvannes (issues des toilettes) ne peut plus être installé. La réglementation impose une fosse toutes eaux qui traite les eaux-vannes et les eaux ménagères.

Les systèmes d’assainissement individuel

Il est essentiel de prendre en compte les contraintes du terrain et son emplacement ; À titre d’exemple, il sera impossible, par la suite, d’aménager une piscine, une terrasse … au-dessus du système d’épandage si vous optez pour la filière traditionnelle. Son emprise au sol peut toutefois être réduite par l’installation en complément, d’un filtre compact qui vient remplacer le système d’épandage. Ce filtre compact peut être composé de fibres de coco, reconnu pour ses performances épuratoires. Le coco usagé est retiré lors de la vidange et peut être utilisé en compost. Cette alternative performante et écologique est parfaitement adaptée à nos départements ! Quant aux micro-stations, elles permettent de réaliser le prétraitement, le traitement et l’épuration dans la même cuve. Une solution idéale pour les petites parcelles.

Les contrôles du SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif)

L’assainissement est soumis à une réglementation précise car une installation respectant les normes en vigueur permet d’éliminer les risques de pollution dans l’environnement. Ce service a une mission de conseils auprès des usagers mais également de contrôle en vue de vérifier la conformité des installations. Le SPANC intervient ainsi au moment de la demande de permis de construire ou de la réhabilitation d’un dispositif d’assainissement autonome afin d’étudier le projet mais également pendant les travaux d’exécution. Ainsi, avant de procéder à la mise en place de votre installation, le projet devra transmis au SPANC dont dépend votre habitation. Ce service a également la charge de réaliser des contrôles périodiques d’entretien et de maintenance des installations existantes recensées sur son secteur.

Lors de la vente d’une maison, le vendeur doit remettre à l’acquéreur l’état d’installation non collectif. Ce diagnostic doit informer l’acquéreur de la conformité ou non du dispositif d’assainissement. En cas de nécessité de réhabilitation de votre système d’assainissement, il est possible de bénéficier d’un dispositif d’accompagnement, sous conditions d’attribution. Pour plus d’informations, contactez la DEAL de votre département.

L’assainissement des eaux usées par filtres plantés

Les sites de Mansarde Rancée au François et de Taupinière au Diamant (Martinique) et des Mangles à Petit- Canal (Guadeloupe) ont été retenus pour valider un dispositif d’assainissement écologique. Il s’agit de stations pilotes d’assainissement naturel collectif de petite dimension, à l’échelle d’un quartier, d’un lotissement. Le principe est basé sur le fonctionnement des écosystèmes des zones humides ; les eaux usées sont filtrées à la fois par des végétaux, des graviers et du sable. Les boues composées des matières filtrées et des bactéries mortes sont extraites tous les 15 ans (au lieu d’une à deux fois par année pour une station classique) et valorisées en compost.

Texte et photos : © Christine Morel

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