La gestion des déchets un enjeu environnemental et une source d’emplois

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L’ère de l’enfouissement systématique comme mode de traitement des déchets est révolue. Si la mise en place du tri sélectif a pris du temps sur notre île, il existe désormais des solutions afin que la plupart de nos déchets soient valorisés et ne finissent plus en centre d’enfouissement.

L’Observatoire des déchets, créé en 2013, a pour objectif d’évaluer les actions menées : La quantité de déchets produite tend à se stabiliser depuis 2013 avec 797 kg/an/habitant. Des progrès restent cependant à accomplir car 68 % des déchets sont encore enfouis sur l’île. Point positif, ce chiffre est en baisse de 11 % ces 4 dernières années grâce à une meilleure couverture de la collecte sélective, la mise à disposition de bornes d’apport volontaire, l’accès aux déchetteries et bien sûr une prise de conscience de la population.

En 2007, la France s’est vue condamnée par l’Union Européenne pour absence de mesures de réhabilitation des décharges non contrôlées ; 13 des 16 décharges visées étaient situées en Guadeloupe. Les 16 décharges à ciel ouvert non contrôlées ont été fermées pour faire place à des centres d’enfouissement réglementaires. La plupart d’entre elles ont été réhabilitées ou sont en cours de réhabilitation.

9 déchetteries sont désormais à la disposition de la population. Elles ont, entre autres, recueilli 30 000 tonnes d’encombrants dont 1/3 a été recyclé localement ou sur la métropole. La Région a annoncé la construction de 8 nouvelles déchetteries sur la Basse Terre d’ici à 2020 (à Petit-Bourg, Pointe-Noire et Goyave, Terre-de-Haut, Terre-de-bas, Baillif, Trois-Rivières, Bouillante). Un investissement de 10 millions d’euros financé par la Région et les fonds européens FEDER. L’objectif étant d’atteindre 29 déchetteries en 2028 de façon à ce que chaque foyer bénéficie d’une structure à proximité pour inciter au tri sélectif.

Malgré l’impact des déchets sur l’environnement, la culture du recyclage dans l’archipel n’a débuté qu’en 2009. Le recyclage représente 7 % par habitant par an pour notre département alors qu’il atteint 47 % à l’échelon national. Tout l’archipel (excepté 6 communes) est doté de bornes d’apport volontaire qui permettent à la population de déposer le verre et les emballages ménagers. Les 16 filières de recyclage présentes désormais dans l’archipel emploient plus de 900 personnes. Elles sont en mesure de valoriser la plupart des déchets. Si plus de 4 000 tonnes de verre et d’emballages sont recyclées chaque année, ces structures sont destinées à un rendement bien supérieur. À titre d’exemple, ECODEC, qui valorise les emballages plastiques, les cannettes, les pneus … fonctionne à peine à 30 % de sa capacité.

La réduction des déchets, la piste prioritaire pour les collectivités

La bonne gestion des déchets passe par leur réduction. Des actions de sensibilisation sont menées en ce sens afin d’inciter les citoyens à des gestes simples tels que : – Limiter le gaspillage alimentaire en privilégiant les éco-recharges, les emballages recyclables, les produits vendus en vrac ou à la coupe, en vérifiant les aliments disponibles dans le réfrigérateur pour les consommer à temps, en accommodant les restes d’un repas … – Privilégier le compost qui permet de valoriser les déchets organiques tels que les épluchures de légumes et de fruits, les fleurs flânées, les fruits gâtés, les résidus de la tonte, les feuilles mortes … Cette alternative écologique permet de réduire les déchets d’un foyer d’au moins 60 kg par an. – S’orienter vers des ressourceries qui permettent de donner une seconde vie à des objets ou équipements en les valorisant.

Le tri sélectif s’avère une nécessité car au-delà du coût élevé que représente la collecte en porte-à-porte, chaque habitant doit avoir à l’esprit que le contenu de sa poubelle grise est destiné au centre d’enfouissement. Le coût de collecte et de traitement des déchets s’élève à 197 euros par habitant (contre 93 € au plan national), soit un total de 79 millions d’euros en 2017 pour la Guadeloupe.

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