LE TRANSPORT COLLECTIF EN GUADELOUPE, UN AXE DE DÉVELOPPEMENT ESSENTIEL

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Notre réseau routier est le théâtre d’embouteillages récurrents notamment aux heures de pointe. Quelque 140 000 guadeloupéens utilisent leur véhicule au quotidien provoquant ainsi des engorgements sur les points névralgiques, rendant les temps de trajet de plus en plus longs.

Au quotidien, on dénombre jusqu’à 30 000 voitures sur la Riviera du Gosier et 175 000 dans l’agglomération centre (Abymes / Baie-Mahault / Pointe-à-Pitre). Les collectivités tentent de trouver des alternatives visant à réduire le trafic automobile sur les 2 800 km d’axes routiers mais également la pollution engendrée par tous ces véhicules.

Depuis la réglementation du transport collectif engagée en 2007, les progrès sont notables avec la matérialisation des arrêts de bus, la mise en place d’horaires, d’itinéraires et de tarifs imposés. Les différents réseaux de bus à disposition :

– KARU’LIS, réseau du Syndicat Mixte des Transports, dessert les communes des Abymes, de Baie-Mahault, du Gosier et de Pointe-à-Pitre, Sainte-Anne, Saint-François et la Désirade : Plus de 500 points d’arrêts – 51 lignes – 80 bus sur le réseau au quotidien. Depuis octobre 2018, KARU’LIS a mis en service dans le centre de Gosier, Bluebus, la première navette 100% électrique de Guadeloupe.

– CANGT dessert le Nord Grande Terre du lundi au vendredi et le samedi matin depuis 2016 via 2 lignes.

– GRAND SUD CARAIBE desservant le Sud Basse Terre : 540 points d’arrêts – 40 lignes régulières, 43 bus en circulation tous les jours, y compris le week-end et les jours fériés.

– LA CORNICHE D’OR au Nord Basse Terre depuis 2013 : 400 Arrêts – 28 bus circulant tous les jours y compris le week-end et les jours fériés.

Les navettes maritimes, le pari de la Région

En ce début d’année 2019, la Région a procédé à la mise en service d’une navette de 50 places pour une période d’essai moteur et de sécurité en mer. A partir d’avril prochain, le bateau devrait assurer la liaison entre Bergevin et l’université de Fouillole, en passant par la Darse et le Mémorial ACTe. Un second bateau reliera en boucle la zone de Bergevin à la zone industrielle de Jarry. Les bus KARU’LIS permettront aux passagers de parvenir à leur destination finale. Par la suite, des dessertes sur Jarry, Pointe-à-Pitre, Gosier (Anse Tabarin), Petit-Bourg seront expérimentées pour s’étendre sur le Nord Basse Terre et le Nord Grande Terre.

Quid du projet de Tramway ?

Bien que stratégique en termes d’amélioration des modes de déplacement, de mobilité durable, de redynamisation du territoire, le projet de TCSP (Transport en Commun en Site Propre), dont la première tranche (nouveau CHU / Pointe-à-Pitre / Baie-Mahault) devait être mise en service en 2019, est suspendu. Dans le cadre de l’appel à projet national, l’Etat, en 2014, a attribué une subvention de 28 millions d’euros pour le TCSP classé en 2e position sur les 170 projets présentés. Le financement principal devant intervenir grâce à des subventions de la Région, du Département, du FEDER (Fonds Européens de Développement Régional) et de la BEI (Banque Européennes d’Investissement) prête à soutenir cet investissement.

Or, début 2018, Ary Chalus, Président de Région, annonçait avoir abandonné le projet de tramway (d’un montant de 400 millions d’euros) au profit d’autres priorités de développement du territoire parmi lesquelles la réfection du réseau d’eau, la gestion des déchets, le parasismique, le numérique … Ainsi, l’importance des sommes demandées pour ces axes prioritaires n’a pas permis de faire apparaître le projet de tramway dans la programmation des besoins en FEDER pour la période 2014 – 2020.

La Région s’oriente désormais vers un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), moins coûteux que le tramway et moins polluants que les bus existants. Une option déjà retenue par la Martinique, qui a, elle aussi, renoncé au tramway au profit du BHNS.

Texte : © Christine Morel – Photos : © Simax Communication © Karulis

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