PERMACULTURE & AQUAPONIE, vers une autonomie alimentaire

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Inclure une stratégie de production alimentaire, ne serait-elle que partielle, dans son habitat peut contribuer à impacter la santé et la qualité de vie de ses occupants. Elle constitue également un outil pédagogique pour éduquer les enfants à apprécier la production locale et biologique qui s’offrent à eux.

La permaculture

Ce procédé est avant tout une démarche éthique qui intègre la préservation de la nature, le partage équitable des ressources naturelles et le bien-être de l’humain. La permaculture est inspirée du fonctionnement de la nature qui se régénère elle-même sans nécessiter le recours à l’action humaine et sans, bien sûr, avoir recours à des produits chimiques ; ainsi, les déchets végétaux profitent à d’autres plantes, à des animaux qui fertilisent le sol ou encore à des insectes pollinisateurs qui pérennisent les espèces végétales. Cette interaction naturelle entre les plantes et les animaux évite le désherbage et l’utilisation de produits chimiques. Cette méthode de culture peut ainsi se concevoir selon plusieurs modes et reste accessible aux occupants d’un appartement : elle permet notamment la culture en pots installés sur votre balcon, sous une fenêtre et, pourquoi pas, combinés à l’aquaponie afin de ne pas se soucier de l’arrosage. Cette philosophie de vie intègre une dimension sociale qui met en avant l’économie circulaire, les énergies renouvelables, l’éco-construction et l’éducation.

L’aquaponie

Cette technique, mise en place en Guadeloupe depuis une dizaine d’années, conjugue respect de l’environnement et nourriture saine ; elle consiste à reproduire un écosystème humide en modèle réduit ; l’eau est recyclée en circuit fermé. L’aquaponie conjugue la culture de plantes dans l’eau (hydroponie) et l’élevage de poissons (aquaculture). Dans ce biotope doivent cohabiter des poissons, des plantes et des bactéries, élément essentiel dans ce cycle : les déjections produites par les poissons sont utilisées comme nutriment pour les plantes. Ces dernières filtrent l’eau du bassin dans lequel vivent les poissons. Quant aux bactéries aérobies, elles transforment naturellement les matières organiques en nitrites puis en nitrates qui sont assimilés par les plantes. Les plantes sont cultivées sans terre. Le système ne requiert pas de disposer d’un réseau d’eau potable ; il peut être alimenté uniquement par l’eau de pluie. Ce mélange de culture hors- sol et d’aquaculture dispose de nombreux atouts : les cultures sont à l’abri des assauts des escargots, des limaces, des fourmis manioc et des iguanes ; ce procédé permet également de produire des légumes et fruits hors sol même si l’habitation est située dans une zone concernée par le chlordécone. Le concept peut paraître complexe mais il ne nécessite aucune compétence particulière mais simplement à la volonté de gérer ce type d’écosystème. Il est conseillé de commencer par une petite surface afin de bien maîtriser la technique. Mais après avoir effectué votre première récolte de fruits et légumes, vous aurez rapidement envie de voir plus grand. Le matériel nécessaire pour une installation : Un accès à l’eau de pluie (une gouttière d’une toiture, par exemple) – Quelques mètres de tuyaux alimentaires pour le circuit d’eau – Un bassin ou une cuve pour les poissons – Un bac pour les plantes – Une pompe pour faire circuler l’eau – Du substrat (des billes d’argile, de la pozzolane …) – Un filtre décanteur pour éliminer les plus grosses particules – Un filtre biologique qui transforme les déjections
en nitrite puis en nitrate – Et … du soleil

À noter : le travail de l’Association Aquaponie Antilles dont la soixantaine de membres participe à des projets privés ou publics. Il est notamment prévu, à Lauricisque et Capesterre Belle-eau, la mise en place de fermes en aquaponie. Ces installations situées sur des zones urbaines ont pour objectif de permettre à la population de disposer de fruits & légumes sains à proximité de leurs lieux de résidence et se réapproprier également la pharmacopée locale avec l’intégration de plantes médicinales.
D’autres projets sont également en cours d’études en milieu urbain par des communautés d’agglomération ou des maraîchers.

Texte par Christine MOREL – Photos : Association Aquaponie Antilles (AAA)

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