La communauté Chinoise en Guadeloupe

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L’histoire des Antilles s’est construite par divers mouvements migratoires. Ces travailleurs issus de contrées souvent lointaines ont contribué à forger une identité et une culture propre aux Antilles françaises.

C’est à partir de 1848, date de l’abolition de l’esclavage, que l’introduction de main-d’oeuvre étrangère dans les colonies des Antilles, devient la solution adoptée par l’Etat, à la demande des planteurs. Il est alors fait appel respectivement à des travailleurs africains, indiens et chinois. Napoléon III décide toutefois de mettre fin à l’immigration africaine car l’esclavage est encore très présent dans les esprits. Les importations de main-d’oeuvre s’orientent vers l’Inde et l’Asie.

Ainsi, à partir de 1852, une première tentative est effectuée auprès des autorités chinoises mais leurs réticences ainsi que le manque d’adaptation au travail des plantations par ces travailleurs ne s’avère pas concluante. On constatera, par la suite, que cet échec serait plutôt à imputer à une mauvaise politique de recrutement en enrôlant des artisans au lieu d’agriculteurs. Un impair qui conduit au refus des conditions de travail dans les plantations.

L’année 1859 marque le début de l’immigration chinoise avec l’arrivée en Guadeloupe d’un contingent de 513 personnes en provenance de Shanghai et de Guangzhou, l’un des plus anciens ports du Sud de la Chine et ainsi un bassin majeur d’émigration. Les engagés sont convoyés par le navire « l’Indien » qui quitte la Chine le 4 avril 1859. 82 personnes ne survivent pas à la traversée et 223, n’ayant pas trouvé d’emploi, sont déplacés vers la Martinique. Les 208 Chinois restés en Guadeloupe constituent apparemment le seul convoi en provenance de Chine alors que deux autres navires (« L’amiral Baudin » et « Le Galilée ») débarquent en Martinique avec, à bord, 329 personnes en 1859 et 426 en 1860.

Une convention entre la Chine, l’Angleterre et la France vient réguler le recrutement et l’emploi de ces travailleurs : le travailleur s’engage pour 8 années avec une possibilité de retour dans son pays après avoir effectué la totalité de son contrat et sous réserve de ne pas faire l’objet d’une condamnation dans son pays d’accueil. Il peut également choisir de renouveler son engagement. A leur arrivée, les engagés sont répartis dans les habitations avec interdiction de les quitter. Les Chinois sont perçus comme des travailleurs efficaces par les planteurs mais leur recrutement coûte cher à la France qui s’intéresse alors à la colonie française de Cochinchine (qui sera intégrée à l’Indochine en 1887). 272 Annamites sont ainsi envoyés en Guadeloupe mais ils connaissent les difficultés d’intégration ; après une révolte, certains sont dirigés vers la Guyane tandis que les autres sont rapatriés. Une situation, en partie, explicable par le manque de volonté des autorités de Cochinchine qui choisissent d’envoyer des condamnés ou des exilés politiques aux Antilles.

En 1894, C’est au tour de 500 travailleurs japonais de rejoindre les plantations de la Grande-Terre. La cohabitation délicate avec les travailleurs créoles provoque des échauffourées. Les mauvaises relations avec les planteurs, leurs employeurs, sont également sources de nombreux conflits à tel point qu’ils déclenchent des grèves à l’été 1895. Ils sont rapatriés dans leur pays d’origine après seulement quelques mois de présence sur l’île.

Les années 1920 – 1930 voient arriver une vague d’immigration chinoise individuelle motivée par le regroupement familial et la quête d’une vie meilleure. Ces nouveaux arrivants se spécialisent dans le commerce de proximité et la restauration, activités que leurs descendants font perdurer de nos jours. La 3e vague, à partir de 1995, concerne une population qui investit l’économie urbaine en s’adaptant aux opportunités.

Source : hal.archives-ouvertes.fr

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