LA SOUFRIÈRE

0

Culminant à 1467 mètres, son dôme de 350 mètres de diamètre domine Saint-Claude, Gourbeyre, Capesterre-Belle-Eau. Recevant de 10 à 12 mètres d’eau par an, à ses pieds, un rocher tombé en 1843 et creusé après l’éruption de1956, abrite une statue de la Vierge et la plaque « Garde bien la Soufrière et protège la Guadeloupe, Merci ».

Ses premiers soubresauts

Secousses sismiques, cendres, frappent le Matouba le 29 septembre 1797, suivis le 26 avril 1798 de l’éboulement Faujas. Le 3 décembre 1836, nouvelle pluie de cendres.

La caverne de Spallanzani

Cachée sous le lac de soufre, on entrait dans une grotte fraiche tapissée de cristaux, suivie d’une caverne chaude, au plafond hérissé de stalactites et débouchant sur une cavité, étuve effrayante avec grondements et bruits d’eau. On les ferme en1843.

Du Belvédère, on voit la Soufrière, l’Echelle, la Citerne (1155 m), la Madeleine, le Piton l’Herminier (du nom de Félix L’Herminier, explorateur des lieux en 1806, qui passa la nuit dans la Grotte des Cinq Amis.

Sous le piton Dolomieu (1464 mètres) dominant une partie du Chemin des Dames, en forme de dent et brisé lors du séisme de 1843, on arrive à la Mare au Diable, sous les Portes d’Enfer, nom qui faisait se signer les dévotes qui y passaient. Le lieu est gardé par le Rocher de la Guenon.

Du Plateau de la Découverte, la vue embrasse la Guadeloupe et les îles alentours. Le Piton du Nord Saussure est proche du gouffre Tarissan aux 600 mètres remplis d’acide chlorhydrique. Le cratère Napoléon est un pont naturel entre les gouffres Tarissan et Dupuy (comblé par les éruptions de 1956 et 1976). Du cratère Sud montent fumerolles acides et toxiques. En 1935, une messe inaugure l’Abri des Montagnards bâti avant le sommet.

L’Echelle (1367mètres). Après son col, la Roche Fendue en 1976, débouche sur la route de la Citerne.

Le Pas du Roy (1885) et sa stèle commémorative, tracé par les hommes du 2ème régiment d’Infanterie de Marine à la demande de Louis Adolphe Rollin, maire de Vieux-Habitants de 1885 à 1886, pour mener le Comte et la Comtesse de Bardy au volcan depuis les Bains Jaunes, dont le bassin d’eau tiède sulfureuse est bâti en 1887. Des sentiers balisés, mènent vers la Savane à Mulets à 1142 mètres de haut. En 1950 au Parnasse, le laboratoire de Physique du Globe enregistre 56 éruptions phréatiques, celle de 1956, modifie le « Jardin l’Herminier ». Entre le 24 et le 26 juillet 1975, il y a 30 séismes. Le 8 juillet 1976, la fracture de 1956 réactivée, occasionne manifestations phréatiques et coulées de boue. Saint-Claude reçoit des cendres si épaisses que les automobilistes allant à Pointe-à-Pitre ont leurs véhicules couverts de cendre, ce qui crée l’émoi en ville. On enregistre alors 16500 séismes.

La discorde

Elle oppose les professeurs Claude Allègre et Haroun Tazieff, lequel estime l’éruption sans danger. Le Sud Basse-Terre, déclaré zone interdite le 16 août 1976, on évacue 73 600 personnes dont les patients des cliniques et des hôpitaux dont l’hôpital psychiatrique, sur des navires bananiers réquisitionnés. Arrivés la nuit à Pointe-à-Pitre, des patients effrayés qui se sont enfuis au travers des rues sont retrouvés errants, plusieurs jours après.

Depuis 1993, notre « Vieille Dame », est sous la surveillance de l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Guadeloupe, au Houëlmont à Gourbeyre. Par beau temps, la vue qu’elle offre est un réel enchantement. L’Arc Antillais abrite d’autres Soufrières : à la Dominique où se trouvent 9 volcans, à Montserrat et St Vincent: Soufrière Hills, à Sainte-Lucie : Qualibou l’Antre du Diable…

Texte & Photos : Angel St Benoit

Partager.

Répondre