CAROLINE ET LE CHEVALIER

par Maisons Créoles

En 1822, aux Saintes, à Terre de Haut, se déroula une tragique histoire d’amour entre une jeune créole et un officier de marine Français, Christophe-Paulin de la Poix, Chevalier de Fréminville, (1787/1848).

Ce joli garçon, aux traits harmonieux, à la taille et aux mains fines, marin- naturaliste, écrivain et archéologue, s’engage dans la marine à 14 ans et participe en 1801, à l’Expédition de St Domingue sur le navire l’Intrépide. Le 20 Juillet 1822, il est lieutenant de vaisseau sur la Néréide, frégate envoyée aux Antilles pour réprimer une bande de pillards. A son bord, 320 soldats et 32 canons sont aux ordres du Capitaine Cocault du Verger.

Le navire relâche trois mois à Terre de Haut, où les jeunes filles moquent de Fréminville, lui attribuant les sobriquets de Mr Coquille ou Mr Papillon, car il est plus préoccupé par ses découvertes que par les frais minois, mais…

L’AMOUR N’ATTEND PAS

Baie de Marigot, voulant saisir entre les flots du corail blanc et ne sachant pas nager, il tombe à l’eau où son corps malmené par les vagues échoue sur le rivage. Des pêcheurs le découvrent et le portent au Morne Morel, dans la maison d’une riche veuve de Guadeloupe, Madame C…

CAROLINE ET SES DIX NEUF PRINTEMPS

Sa charmante sœur aux grands yeux bleus, nommée sur l’île Princesse Caroline, lui prodigue les premiers secours et un coup de foudre frappe les jeunes gens. Mais une fois Fréminville rétabli, il réembarque et les amoureux, malheureux, promettent de s’attendre.

Le 3 Novembre 1822, Caroline pensant ne jamais revoir son Bien Aimé, se jette du Morne Morel dans l’océan. Revenu trois jours plus tard, Fréminville trouve sa tombe sur laquelle il perd connaissance. Marguerite, la vieille nourrice de Caroline, lui remet les vêtements de la jeune fille, qu’il embrasse et emporte précieusement.

Ayant reprit la mer, la douleur de cette perte empoisonne lentement son esprit…

LA TRANSFORMATION DU CHEVALIER

Le 22 Février 1828, il se rend en France, à un bal… habillé de vêtements féminins, des roses dans les cheveux. Dès lors il ne quitte plus les toilettes froufroutantes et vaporeuses, allant jusqu’à arborer une coquette mouche, sur l’une de ses joues. En agissant ainsi il déclare ne faire plus qu’un avec celle qu’il a tant aimée.

En 1831, s’achève sa carrière maritime. Il rédige sous le pseudonyme de Caroline de L., un ouvrage jugé scandaleux pour l’époque, « Essai sur l’influence physique et morale du costume féminin » et décrit aussi dans ses mémoires, ses amours avec Caroline *« aux mains d’enfant et pieds mignons » dont « la taille évoque l’élancement gracile d’un jeune palmier » vivant sous la tutelle de sa sœur.*

Il reçoit au cours de son existence, les décorations de Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de St Louis, de l’Ordre Militaire et Hospitalier de St Jean de Jérusalem et du Christ de Portugal.

Le 12 Janvier 1848, l’excentrique Chevalier de Fréminville, membre des sociétés Philomatique et d’Histoire Naturelle de Paris, à l’origine des études archéologiques en Basse Bretagne, ne s’étant jamais remis de la perte de sa douce Caroline, s’éteint à Brest, sous une apparence féminine.

De cette histoire il reste à Terre de Haut sur le Morne Morel, une batterie érigée en 1777 et rebaptisée « Fort Caroline ».

Texte : Angel St Benoit
Photos : © Simax Communication

*E Herpin 1913 (Mémoires du Chevalier de Fréminville (1787/1848), Capitaine des Frégates du Roi).

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