Focus sur les administrations françaises

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L’architecture des bâtiments publics s’avère consubstantielle à l’histoire d’un territoire. Au cours de ces deux derniers siècles notamment, ils disposaient d’une allure imposante, en symboles de la puissance française.

Les immeubles qui abritaient les grandes administrations françaises sur l’île ne dérogeaient pas à cette règle. Cependant ils étaient toutefois également construits pour faire face aux divers aléas inhérents à la région : le cyclone dévastateur de 1928 fut la genèse de l’architecture moderne en Guadeloupe ; la reconstruction de bon nombre d’édifices publics a été confiée à un seul architecte, Ali Tur, mandaté par le gouvernement français. Entre 1929 et 1937, il fut le premier à utiliser le béton armé dans la construction de bâtiments. Parmi ses réalisations, figurent la préfecture, le conseil général (devenu depuis le conseil départemental), des mairies, des églises, l’ancien palais de justice de Pointe-à-Pitre, de Basse Terre, des bureaux de poste …

De nos jours,  la vétusté des lieux, l’impossibilité de mise aux normes en vigueur des immeubles anciens amènent certains services de l’État à se tourner vers des sites plus adaptés pour accueillir le public dans de bonnes conditions ou pouvoir y travailler de façon optimale au quotidien à l’image du palais de justice de Pointe-à-Pitre, du commissariat de Pointe-à-Pitre, des services de la sécurité sociale … qui ont changé de localisation.

Ainsi le palais de justice situé à Pointe-à-Pitre, et qui fut le premier chantier confié à Ali Tur, inauguré en 1932, a-t-il laissé place à un nouveau bâtiment situé derrière la sous-préfecture. Avec ses 5000 m2, il dispose désormais d’une surface trois fois plus importante que l’ancien palais de justice.

Les services de la caisse d’allocations familiales et de la caisse générale de sécurité sociale ont, eux-aussi, déménagé pour s’installer des bâtiments distincts situés tous deux dans la zone d’activité de Providence aux Abymes dans laquelle sont installés également le rectorat, le SDIS, l’Ademe … et désormais de nombreux commerces et entreprises privées.

Jusqu’à 2012 et pendant 43 ans, les deux administrations partagaient le même immeuble à Pointe-à-Pitre, à proximité de l’hôtel de Ville. L’édifice de 17 000 m2 en béton armé, a été érigé entre 1972 et 1974 par les architectures Jacques Tessier et Raymond Crevaux, concepteurs des tours de la Gabarre, Faibherbe et Frébault. Réparti sur 3 blocs et sur 9 niveaux, il répondait alors aux normes en vigueur. Sa conception fut considérée comme novatrice à cette époque. Il reste d’ailleurs emblématique de ce type d’architecture avec son parvis, son toit-terrasse qui culmine à plus de 27 mètres et ses façades composées de pare-soleil en aluminium.

D’autres services de la fonction publique restent implantés dans des lieux hautement symboliques et chargés d’histoire à l’image des services de la préfecture, de la sous-préfecture (qui était auparavant une caserne d’infanterie), du conseil régional, du conseil départemental …

Certains des édifices publics de l’archipel sont protégés au titre des monuments historiques à l’image de l’ancien presbytère situé dans le centre de Pointe-à-Pitre (devenu galerie d’art sous l’appellation de Pavillon de la Ville), des églises de Morne à l’eau et de Baie-Mahault, du Conseil départemental, du palais de justice de Basse Terre, de la sous-préfecture, de la préfecture …

Texte et photos: Simax Communication

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