METIER D’ARTISAN : DES CUISINES À LA POINTE !

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Dans nos cuisines antillaises, il est un héritage commun bien indissociable des heures passées auprès du faitout et des aïeux : ce joyeux brouhaha au creux de la vie de la maison et de la famille, formidable réservoir de souvenirs et d’anecdotes. Aujourd’hui, au coeur des modes, des tendances et des envies les plus originales, cette cuisine à la martiniquaise continue de s’épanouir comme la place centrale du foyer ! Plongée avec Christophe Cizo, un cuisiniste à la pointe, dans un monde de proportion et de matière. Notre expert, qui porte ses outils depuis les années 1990’, est incollable sur son domaine.

Des techniques à la pointe

Dans ce monde d’agencement, force est de constater que les attentes, comme les moyens et les produits proposés sont déjà bien différentes des cuisines traditionnelles de nos aïeux. Pour les cuisinistes, ces experts en aménagement de l’espace et en rangements inattendus, les méthodes ont bien évoluées. L’ordinateur, la conception ou la production, la découpe sont assistées ; les machineries aux interfaces numériques révolutionnent l’approche et le métier, en constante mise à niveau. Pour le personnel engagé dans ces évolutions techniques majeures, c’est tout un changement de paradigme qui s’impose, là où les méthodes et les savoir-faire s’apprennent désormais avec un clavier, s’amuse Christophe Cizo. Côté matériau, la révolution est aussi en marche, où le bois et le contreplaqué bruts étaient les maître-pièces. Désormais, des matières plus techniques appellent de nouvelles compétences et connaissances : notamment, les panneaux particules, ces planches d’aggloméré comprimé, se veulent hydrofuges et souvent bien adaptées aux contraintes des latitudes tropicales. Il faut dire qu’il est incontournable de rester à la pointe de la technique, sur un marché saturé ou l’offre explose et les demandes s’appuient sur des concepts novateurs. Pour être différenciant, le cuisiniste doit devenir un conseil avisé, valorisant qualité et écoute attentive, nous précise Christophe.

Côté design, des cuisines pratiques, intelligentes et confortables

Et il est un autre domaine dans lequel le cuisiniste doit rester curieux, rappelle notre expert, celui des modes et des tendances. L’époque des bois vernis est relativement révolue, laissant la place aux stratifiés aux couleurs unies et dessins bois. Et déjà, au coeur des derniers designs, s’impose le laquage, moderne et pétillant, diffusé directement sur les panneaux des volumes. Les usages aussi ont évolué : on privilégie largement les rangements, les notes originales et les solutions inattendues, pour en faire cet espace hybride, pratique et convivial. Les accessoires, le confort, l’élégance remplacent à mesure la simplicité des cuisines traditionnelles, souvent conservées une vie en l’état. Les gammes de couleurs aussi, s’ajustent rapidement aux modes à l’oeuvre : le blanc crème, le gris perle pour des intérieurs à l’élégance froide, des explosions de tonalité pour des cuisines pétillantes et résolument modernes, en privilégiant la légèreté des tons plus clairs.

Le quotidien d’un cuisiniste

Et pour mettre en musique ces nouvelles modes, le cuisiniste, nous explique le spécialiste, doit être polyvalent et agile : réception des commandes finales, prises de rendez- vous et de cotes, étape essentielle, mise en production, pose des ensemble et finalisation : le processus est long et minutieux. Côté sécurité, il doit également être rigoureux, là où la règlementation impose les équipements de protection individuelle et des ateliers aux machineries sécurisées. Le ballet, dans ce flot d’étapes, doit être bien synchronisé ! La tradition, dans ce monde de modernité, reste de tout même au coeur des pratiques du cuisiniste martiniquais. Tout comme la table et les chaises sont traditionnellement installées en premier dans la maison pour favoriser la bonne fortune, la cuisine conserve encore son essence originelle de partage, elle reste cette pièce importante de rencontre et d’échange dans la famille. Et si elle n’est plus ce lieu absolu où « tout se faisait », il est hors de question de ne pas la concevoir dans l’honneur de l’art !

Remerciements à Christophe Cizo pour son témoignage et à la société nouvelle générale de menuiserie pour son crédit photos.

Texte et photos : © Corinne Daunar

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