UN VENT FRAIS SOUFFLE DANS NOS MAISONS

0

Des solutions existent pour échapper aux pics de chaleur. Epargnez-vous des suées et laissez donc circuler ce vent frais qui a hâte de souffler dans vos maisons.

Comment gérer la climatisation de nos maisons antillaises trop souvent asphyxiées sous une chaleur suffocante ?

Pour bénéficier d’un confort thermique, la température n’est pas le seul facteur à prendre en considération ; l’humidité et la vitesse de l’air entrent aussi en compte. En modulant ces trois éléments, on est en mesure d’aménager des zones de confort, l’objectif étant que la température intérieure de l’habitation soit inférieure à la température extérieure, tout en assurant une vitesse de l’air optimale. Ceux qui n’ont pas encore construit leur maison, ont l’opportunité de trouver la solution adéquate en amont, en appliquant les principes de la construction bioclimatique adapté au climat tropical humide.

Miser sur la ventilation naturelle

Une bonne orientation de l’habitation associée à une bonne maîtrise des vents et des apports solaires peuvent limiter, voire rendre accessoire, le recours à d’autres moyens de climatisation. On l’a vu, c’est l’air non renouvelé qui provoque l’inconfort. La clé d’un été plus frais réside donc dans une bonne circulation de l’air. Avec la construction bioclimatique, vous pouvez faire des éléments naturels des alliés infaillibles pour rafraîchir l’ensemble de vos pièces. Voici quelques astuces pour optimiser la ventilation de votre future maison.

Une bonne orientation

– Penser à la double orientation des façades : mer-montagne et est-ouest. La première permet de bénéficier de la fraîcheur des brises terrestres et marines, une circulation entre la montagne et la mer qui s’effectue aussi bien la journée que le soir. Quant à l’orientation est-ouest, elle vise un bel ensoleillement le matin et l’après-midi, tout en gardant de la fraîcheur en fin de journée. – Privilégier une ventilation traversante, avec des entrées d’air placées face au vent dominant, les sorties à l’opposé, et de préférence en bas des murs afin d’assurer une ventilation naturelle continue. Il faut savoir que la Réglementation Thermique, Acoustique et Aération applicable dans les Départements d’Outre-Mer (RTAA DOM) impose de nouvelles règles sur la ventilation des logements : chaque pièce principale de la maison doit pouvoir être ventilée naturellement par un système de ventilation traversant.

Aérer et végétaliser

– Ménager une surface d’ouverture libre pour chaque pièce principale (séjour, chambres..) de manière à laisser la maison respirer et laisser davantage d’entrées pour l’air.- Végétaliser aux abords de la maison : évitez les surfaces en bitume ou en béton qui augmentent les apports thermiques et réchauffent l’air ambiant à proximité de l’habitation. Préférez une végétalisation du sol : pelouses, arbustes pour protéger le sol de l’ensoleillement direct et bénéficier d’un ombrage bienvenu surtout dans la période la plus chaude de l’été.

Et si l’on ne peut pas ventiler naturellement ?

Quand la climatisation naturelle n’est pas envisageable en raison de la configuration de l’habitation, rien n’interdit toutefois de se tourner vers des auxiliaires qui, si on sait bien les choisir, restent cohérents dans une démarche d’économie énergétique. C’est le cas de deux alliés fraîcheur, à redécouvrir, le climatiseur et le brasseur d’air.

A/ Les climatiseurs pour un brin de fraîcheur

Il est possible de dénicher des climatiseurs qui ne soient pas agressifs envers l’environnement. On peut s’en remettre en la matière à la certification Eurovent, qui garantit les performances de matériel de climatisation (et accessoirement de réfrigération) en accord avec les normes européennes et internationales.

Loin d’être énergivores… Préférez les classes A ou B, le must étant la classe énergétique A+++ correspondant à une très basse consommation d’énergie. Le choix est loin d’être limité et l’on peut dénicher des modèles haut de gamme jusqu’à 40 % moins énergivores que d’autres modèles. De classe A+++, ultra silencieux, ce genre d’appareil est, par exemple, équipé d’un détecteur de présence qui régule la température en fonction de la présence de personnes dans la pièce, permettant ainsi de maintenir une fraîcheur constante. Il est conseillé de faire vérifier son installation fixe au moins une fois par un professionnel agréé.

Comme sur des roulettes Une autre option pour rafraîchir vos espaces : le rafraîchisseur d’air mobile qui rafraîchit et aide à filtrer l’air : en passant au travers du climatiseur, l’air ambiant est filtré et en ressort purifié, ce qui garantit une atmosphère saine pour la maison. Il intègre par ailleurs le même mécanisme que celui des climatiseurs fixes (système de refroidissement pour produire du froid) à cette exception près que l’on peut les déplacer aisément, sur leurs roulettes, d’une pièce à l’autre. En abaissant la température ambiante de 4 à 12C° sur une surface de 30 à 50 m² selon les modèles, il s’agit là d’une alternative à la climatisation pour les espaces ouverts. Le bonus écolo : dépourvu de gaz frigorigène, le rafraîchisseur d’air fonctionne à l’eau. Quant au déshumidificateur, mobile lui aussi, il assèche l’air ambiant des pièces chargé en humidité de 50 à 80 %. Compact, il n’est pas encombrant mais aussi discret grâce à un débit sonore modéré. Atout supplémentaire : ils revêtent une coque anti-UV particulièrement recommandée pour les installations en milieu salin et fortement exposées au soleil.

B/ Les brasseurs d’air tournent rond

Alors que le climatiseur a pour vocation de baisser la température de la pièce où il est installé, le brasseur d’air se charge de mettre l’air en mouvement. Son action favorise ainsi une évaporation plus rapide de l’humidité de la peau lors des grosses chaleurs. Conséquence : le confort hygrothermique en est amélioré ; la sensation de fraîcheur se vérifie en peu de temps. Cet équipement est aussi réputé pour son faible impact environnemental et sanitaire puisqu’il permet de bénéficier d’un air renouvelé et donc plus sain, sans déployer une débauche d’électricité. C’est pourquoi la réglementation RTTA DOM préconise que toute nouvelle maison en construction soit équipée d’au moins une attente (via la pose au plafond d’un dispositif d’accrochage mécanique) pour ventilateur par pièce principale de 20 m² habitable. Le nombre d’attentes s’élève à 2 pour les pièces principales de plus de 30 m².

Une saine recommandation

Le principe : plus les pales de l’hélice seront grandes, plus la quantité d’air brassé sera considérable. Pour les grandes pièces, il est ainsi conseillé de choisir un ventilateur de plafond d’un diamètre de 140 centimètres, tandis qu’un appareil de 75 centimètres de diamètre suffira pour rafraîchir la chambre à coucher. On recommande une hauteur sous pâle d’au moins 2 mètres sous les pales. On trouve des appareils avec 3 ou 5 pâles. Leur nombre n’influencera pas significativement la puissance du ventilateur et son rendement. C’est davantage leur l’inclinaison qui sera déterminante. Cette dernière peut varier entre 6 à 16 degrés. Plus elle est prononcée, plus la force de ventilation sera élevée. Le confort acoustique est un élément clé dans le choix d’un ventilateur. N’hésitez donc pas à vous renseigner sur le débit sonore que peut produire votre futur appareil.

Un cachet indéniable

S’ils savent comment ne pas être tapageurs, certains modèles déclinent bien des charmes pour venir embellir votre intérieur : moteur électrique étanche (donc à l’épreuve de toute infiltration par le plafond) protégé par un corps en acier inoxydable, pales élégantes disponibles en différents matériaux y compris les plus nobles comme le bois avec en option jeu de pales réversibles, couleurs chatoyantes (blanc, graphite, chrome brossé…), et même possibilité d’intégrer dans le dispositif un bloc lumière ! Enfin, leur entretien ne vous demandera pas de grands efforts : un dépoussiérage une fois par mois est une fréquence plus que respectable pour le nettoyage.

Texte : © Carpe Diem

Partager.

Répondre