Les centres de pouvoir, marqueurs de l’histoire

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Bien qu’ayant évolué à travers les époques, ces édifices demeurent le symbole du pouvoir qu’il s’agisse autrefois d’une monarchie ou désormais d’une république. Focus sur ces bâtiments qui portent l’histoire de la Guadeloupe …

La préfecture

Le terrain sur lequel est bâti la préfecture actuelle a été offert à l’ordre des Jésuites par le Gouverneur Charles Houël en 1650. Après la disparition des Jésuites, un hôpital militaire y est construit en 1763. Brûlé pendant la période de la révolution, il sera ensuite remplacé par une caserne d’infanterie qui portera le nom de caserne d’Orléans, (en hommage au Duc d’Orléans) en 1830. Après le passage du cyclone dévastateur de 1928, l’architecte Ali Tur, envoyé par le ministère des Colonies, se voit confier la construction d’une résidence pour le gouverneur en 1932. Le bâtiment est inauguré en 1935, année de la commémoration du tricentenaire du rattachement de la Guadeloupe à la France. La résidence est alors nommée Palais d’Orléans ou palais des Gouverneurs. La bâtisse deviendra, en 1951, la préfecture que nous connaissons actuellement. À compter de 1951, les préfets disposent d’une résidence située sur les hauteurs de Saint-Claude à proximité de l’hôpital militaire du Camp Jacob, qui accueille, depuis
2013, l’université des Antilles. En 1996, un nouveau bâtiment, jouxtant la préfecture et s’intégrant à son architecture, a été ajouté pour accueillir les services du secrétariat général. Depuis 1997, plusieurs éléments de la préfecture sont classés au patrimoine des monuments historiques (le bâtiment principal, les deux ailes, les terrasses, l’escalier, le bassin, son mur de clôture et son entrée).

Les résidences des gouverneurs

Pendant de longues années, les gouverneurs de l’archipel qui, étaient de riches propriétaires d’exploitations agricoles, logeaient dans leurs propriétés personnelles dans les environs de Basse-Terre. En 1719, le nouveau gouverneur, Alexandre de Moyencourt, arrivé de France, décide de s’installer sur le site de l’actuel palais de conseil départemental, jugeant que le Fort Saint- Charles ne peut faire office que de bureaux de la Maison du Gouverneur et non pas de résidence. Les gouverneurs successifs prennent l’habitude de disposer d’une maison de campagne sur les hauteurs de Saint-Claude et conservent leurs bureaux à Basse Terre.

La sous-préfecture

Construite au milieu du XIXe siècle, la bâtisse abritait une caserne d’infanterie. Elle a été reconstruite en 1843 après le tremblement de terre puis agrandie en 1858. L’édifice se présente sous la forme d’un
plan en U. Il dispose d’une architecture caractéristique des bâtiments militaires. Les peintures extérieures de couleur vive tranchent avec l’austérité de la bâtisse, accentuée par ses murs d’enceinte et sa grille. Derrière la façade s’ouvre une grande cour où se trouvaient les annexes. Aujourd’hui, l’édifice est réservé à un usage administratif puisqu’il accueille les services publics de la sous-préfecture.

Ali Tur, architecte d’une technique moderne

L’usage du béton, jugé plus efficace pour résister aux incendies, aux séismes, aux ouragans, est préconisé dans le rapport de l’inspecteur général des colonies, rédigé après le passage du cyclone dévastateur de 1928.
Le ministère des Colonies confie la reconstruction de plusieurs bâtiments publics dont le palais du Gouverneur, les Palais de justice, palais du Conseil Général … pour un budget de 40 millions de Francs. Viennent s’ajouter les commandes des communes pour la reconstruction des églises, des mairies, des écoles, de bureaux de poste … Au total, Ali Tur réalisera plus d’une centaine de bâtiments publics de 1930 à 1937.

L’État et les collectivités veillent à la protection des édifices publics dont certains sont répertoriés au titre des Monuments historiques.

Texte : Christine MOREL Source : « Des résidences de gouverneurs aux résidences préfectorales » de Gérard Lafleur.

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