L’artisan du vitrail – Une technique entre ombre et lumière

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Vous avez eu l’opportunité d’admirer les vitraux ornant de nombreuses églises, vous émerveillant par le travail accompli par les créateurs qui maîtrisent les tracés, allient les jeux de contrastes et les éclats des nuances ponctués de transparence. Certains de ces vitraux situés sur l’archipel ont été réalisés par une artiste contemporaine locale : Ainsi, les fresques de l’Office du Tourisme, de la synagogue de Bas-du-Fort, de la chapelle de l’hôpital, de l’église de Grand-Bourg à Marie-Galante … comptent parmi les premières créations de Dany Kress. Si l’art du vitrail s’est imposé comme une évidence à cette passionnée de décoration. Dany Kress a du toutefois rapidement se rendre à l’évidence que la réalisation d’un vitrail ne peut s’acquérir qu’auprès de maîtres-verriers. Elle découvre alors un procédé de fabrication séculaire grâce à une formation auprès de Michel Durand installé à Orly et ayant participé à la restauration des vitraux de la cathédrale de Chartres. Son apprentissage est complété ensuite auprès d’un second maître-verrier de Montréal.

Le vitrail, un art ancestral français

Les premières descriptions de vitraux font référence à des pièces de verres colorées associées à d’autres matériaux pour décorer les édifices religieux. Cette technique prend son essor en France au VIIe siècle. Elle rayonne dans le monde au point de faire appel aux ouvriers-verriers français pour les commandes à l’étranger. Les vitraux, tels que nous les connaissons aujourd’hui, font leur apparition au moyen-âge. Ils constituent alors de véritables pages relatant les évangiles. Dès le XIIe siècle, le dessin s’affine pour atteindre une technique bien établie avec une palette de six couleurs (blanc, jaune, rouge, bleu, vert, noir). Au XXe, le vitrail est associé à l’art figuratif et lui procure une forme plus actuelle. Ses secrets de fabrication sont jalousement gardés par les maîtres verriers qui se les transmettent de génération en génération. Aujourd’hui, le vitrail ne constitue plus uniquement un élément architectural, il peut se décliner en version décorative pour vos intérieurs.

La fabrication d’un vitrail nécessite de nombreuses étapes et requiert de la minutie avant de parvenir à la forme finale. La première phase consiste à réaliser un dessin préparatoire (généralement au 10e) incluant les couleurs et le graphisme. Ensuite, la maquette (ou patron) est reproduite, grandeur nature, incluant le réseau de plomb, pour servir de base à la création. Vient la découpe des verres aux formes souhaitées puis la pose des plombs à l’aide de baguettes malléables. Cette étape permet d’assembler les pièces de verre entre elles en épousant leurs contours mais aussi d’encadrer le panneau complet. L’opération est complétée par le rabat des ailes du plomb et une soudure aux intersections de chaque morceau de plomb. L’ensemble est ensuite rigidifié par l’application de Blanc de Meudon ou blanc d’Espagne avant un nettoyage complet du panneau.

Dany Kress associe plusieurs types de verres pour ses réalisations. Elle peut choisir de peindre sur le verre ou utiliser des verres colorés. Il sont alors imprégnés d’une peinture dotée d’oxydes (appelés grisailles) qui leur procurent leur teinte. Le procédé diffère en fonction du type de verre. Le verre antique (transparent), utilisé au moyen-âge dans les églises, est doté de bulles obtenues par soufflage à la canne (à la bouche). Les autres verres, réalisés en machine, disposent de caractéristiques diverses pour jouer avec la lumière. Ainsi, le verre cathédrale est doté de reliefs mais reste translucide, le colorescent laisse passer la lumière à l’inverse de l’opalescent, opaque.

Texte & photos : Christine MOREL

 

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